Au temps pour moi, journal intime d'une association d'idées, par Paul Hermant
   
 

 

Histoire, 8.

21 juillet 1995. La déclaration de Selim Beslagic me ramène également à Strasbourg où, par deux fois, il est venu plaider pour l'ouverture dans sa ville de Tuzla d'une Ambassade de la démocratie locale, un de ces projets dont nous assumons, à Causes Communes, une paternité parfois lancinante. Je précise qu'il s'agit d'accords intercommunaux entre villes européennes et villes croates, bosniaques, serbes, slovènes ou macédoniennes où des concepts comme les droits des minorités, l'autonomie locale et les échanges économiques engagent de façon conjointe les partenaires. Une de ces ambassades est prévue depuis plusieurs mois à Tuzla. Sa création prend malheureusement plus de temps que prévu. Les partenaires européens (Bologne, Stockholm, Hambourg et Strasbourg) ont du mal à trouver leurs marques. Cela m'obsède. Claudio, le délégué bolognais de l'ambassade aurait dû partir pour Tuzla le 15 juillet. Je sais qu'il n'y sera pas avant une quinzaine de jours. C'est dans la situation actuelle presque une affaire d'honneur. Je connais pourtant la détermination des Italiens mais je vois tous les jours, en regard, celle des Serbes de Bosnie. Evidemment, quelque chose ne colle pas. De l'aboulie encore. Si elle commence à contaminer nos amis, nous sommes peut-être bien fichus, après tout. En mai, au terme de l'intervention que nous avions faite, avec le maire Beslagic, ...

Extrait de la page 138