Au temps pour moi, journal intime d'une association d'idées, par Paul Hermant
   
 

 




Verbatim, 1.

Un soir, j'ai convoqué chez nous un crime du siècle. Ce crime était hideux, il assassinait autour de lui choses et gens, hommes et pierres, maisons et jeunes filles. Ce crime était odieux, Il retournait même les morts. Chez nous, nous avons pris du vin autour d'une table et la nuit n'était pas noire que nous étions déjà plus forts. Au matin, des mains nombreuses (la mort va toute seule, les mains sont par deux) ont pris ce crime et l'ont étranglé. Tuer un crime, voilà ce qu'on fait de sa vie. Je suis comme toi, je pense que cela n'a pas eu lieu. Le crime est mort, bien sûr, le temps est toujours aux assassins.
La prochaine fois que je convoque quelque chose chez nous, je préfère que ce soit le bonheur ou alors l'amour. La différence que cela ferait pour le vin épanché et le verre brisé.


Extrait de la page 25