| [ |
En ce jour du samedi 22 mai 2004,
Où se passe-t-il qu’en Belgique, l’on contrevient au
respect de la vie privée, l’on pratique la torture et les
traitements dégradants, l’on cause intentionnellement des
atteintes à l’intégrité physique des personnes
et l’on s’assoit sur les droits civils et politiques ? C’est
à Zaventem, à Bruxelles national, et cela nous passe par-dessus
la tête, c’est une histoire d’avion, encore une. C’est
ce que pensent deux habitants de Woluwé-Saint-Pierre qui menacent
l’État et le ministre Anciaux de déposer cette plainte
fort argumentée. Les nuisances sonores seraient ainsi versées
au chapitre des droits de l’homme. Parce que voilà, le bruit
empêche de dormir et dormir c’est un tiers d’une vie
d’homme, c’est le moment où l’on peut rêver,
Freud vous en dirait beaucoup là-dessus, et une nuit sans rêve
est plus longue encore qu’un jour sans pain. Nous sommes faits comme
cela. C’est notre condition humaine. Et certains d’entre nous
ne peuvent se satisfaire de rester ainsi, les yeux ouverts, à entendre
passer dans le ciel le bruit assourdissant de l’économie,
du tourisme, du courrier rapide et de l’emploi.
On se demande pourquoi, les avocats des demandeurs d’asile et des
déboutés du centre fermé du 127 bis, collé
aux pistes d’atterrissage de l’aéroport fédéral,
n’ont pas introduit déjà ce type de recours et pourquoi
dans un avenir proche, ils ne le feraient pas. On n’imagine pas,
en effet, que le sommeil de ces détenus soit de meilleure qualité
que celui des riverains. Et l’on sent bien aussi que leurs rêves
sont courts et empêchés. Voilà des gens, qui sont
les voisins des riverains, qui se trouvent à la fois privés
de sommeil et de liberté. Et il y a quelque chose de presque désespéré
à se dire que la seule chose que l’on partage avec eux, finalement,
c’est le bruit des avions et les nuisances sonores. Mais attendons
un peu, un jour ou l’autre, c’est eux qui feront du vacarme
dans la nuit et qui nous réveilleront dans leurs charters ou leurs
gros porteurs. C’est à ce moment-là exactement qu’ils
troubleront notre sommeil.
|
|
|
]
|