Lautresite, lecture publique, rase campagne 18 mai 2004


 

    Laisser flotter le temps et les idées, comme nous le faisons, cela ne fonde rien d'autre que de l'impatience et du brouillard dans la tête.
Peut-être est-ce cela 'vivre aujourd'hui et ici' dans cette morne plaine de l'imaginaire qui n'enfante rien de plus représentatif que des pédophiles.
L'échange et le commerce des anges sont-ils sur la liste des Biens ou sur celle des Services? Va savoir.
Nous savons que ce brouillard est néfaste. Nous savions que ce brouillard était néfaste.
Que vivre aujourd'hui et ici ne peut se résumer aux ors et aux horreurs qui nous côtoient.
Que nos écrans sont plats, de plus en plus.
Nos envies intactes.
Qu'il faut, son fusil, le changer soit d'épaule soit de sens.


Je pensais à cela en écoutant Paul, l'autresoir.
  Je veux dire que la vision et l'écoute s'entretiennent comme nos bagnoles.
Mais nous pensons d'avantage à celles-ci.
C'est une heure et quelque où l'on peut inverser nos ordres et catégories.
Même les gsm allumés ne sonnent plus. On flotte. C'est nimbé de poésie et justement politique.
Cela ouvre des armoires. Comme on le ferait dans une maison après un décès.
On ouvre des armoires. On découvre des choses. On en apprend aussi.
Et autant sur soi-même que sur le prix d'un Roumain au marché de Sangatte.
Et ne me demandez pas si c'est une veillée ou si cela émarge à un quelconque remède.
Si cela participe d'un coup d'éclat ou du coût d'État.
C'est « Rase campagne ».
Ne me demandez pas si c'est de la chèvre ou du chou, du Lagarde ou du Michard.
Demandez-vous, plutôt, quand est la dernière fois que vous avez vraiment songé, éveillé!, et exercé votre droit au bien-être.
Ce mélange de conscience et d'inconscient.

C'était, pour moi, lautresoir.
Cherchez bien (le calendrier dans un recoin de lautresite) et voyez pour vous mêmes.

Patrick Quinet, Bruxelles