Lautresite, lecture publique, rase campagne 15 avril 2004
       
[


En ce jour du vendredi 16 avril 2004, voilà, on les a retrouvées, les armes de destruction massive : ce sont trois petits astéroïdes qui rôdent dans la trajectoire de la terre. Ils ne sont pas bien gros, ils semblent a priori inoffensifs. Ce sont deux chercheurs australiens, des sortes de Hans Blix de l’astronomie, qui ont fait cette découverte. Ils travaillent pour le compte de la Nasa et en un mois de recherches seulement, ils engrangent déjà des résultats. Imaginez vous cela : un mois de travail seulement et déjà trois nouveaux astéroïdes au compteur. Si la Nasa n’avait pas décidé récemment de mettre sur pied un programme d’observation des dangers cosmiques, nous serions toujours dans l’ignorance d’une nouvelle avec laquelle nous ne savons d’ailleurs pas quoi faire. De temps en temps, l’actualité nous fournit ainsi de la matière qui nous glisse des mains. Ça ressemble à de l’information, mais c’est de l’eau. Ça coule. Car à vrai dire, que peut-on faire avec pareille nouvelle dans un monde qui s’est déshabitué du risque et qui demande toujours plus de sécurité et de certitudes ? Comme toujours dans ces cas-là, lorsque la planète court un péril, il convient de se tourner vers le premier gouvernement mondial. Il a souvent de bonnes idées.
Dans une intervention récente, Donald Rumsfeld, le secrétaire d’État américain à la défense, a sans doute livré les clés de la compréhension du monde. Voici mot pour mot, ce qu’il prononça devant des journalistes et qu’un micro capta pour la postérité : « les informations annonçant que quelque chose n’a pas eu lieu m’intéressent toujours pour la bonne raison que, comme vous le savez, ce sont des nouvelles connues ; il y a des choses que nous savons que nous savons. Nous savons aussi qu’il y a des choses inconnues ; ce qui revient à dire que nous savons qu’il y a certaines choses dont nous ne savons rien. Mais il existe aussi des nouvelles inexistantes que nous ne connaissons pas — ce sont celles dont nous ignorons si nous les connaissons ». En ce vendredi 16 avril 2004, on a envie de se faire tout petit. Comme le disait un rapport de la CIA, le monde, décidément, reste un endroit dangereux.






























]