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Jeudi 15 avril |
On
me dit: "Faut aller voir Rase Campagne, c'est très fort!".
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Il m'a semblé que la
lecture publique a donné une force et fait apparaître toute
la cohérence des textes que j'avoue n'avoir pas tous lus dans leur
intégralité sur le site lors de leur parution. Dans une mise en scène sobre créant la nécessaire intimité entre le narrateur-auteur, l'univers qu'il décrit et les spectateurs, son carnet "journalistique"est aussi un rappel de barbaries quotidiennes qu'on ne peut se résigner à accepter comme de banals faits sociaux dans leurs affreuses répétitions et vouées aux oubliettes d'une histoire qui s'emballe. Si ses cartes blanches sont en réalité bien noires, c'est qu'il s'agit des réflexions d'un auteur qui pose en permanence un regard dénué de toute complaisance. Il exprime une forme d' "hyper conscience" sur une époque où la réalité dépasse largement l'entendement et où il est difficile de demeurer indifférent et résigné. Il distille aussi un humour décalé qui ne sombre pas dans l'ironie facile mais dont on voudrait parfois qu'il agisse plus franchement de manière à transcender réellement et à instaurer une certaine légèreté, quelques respirations. Paul a fait le choix de l'insurgé. Il est rentré depuis longtemps en résistance et dans cette capacité d'indignation, on est nombreux à se reconnaître. Ces textes expriment des préoccupations partagées communément, mais qu'il est salutaire de faire le choix de répéter. Juste cause à défendre et à propager absolument. Bruno Uyttersprot, Bruxelles |
Finalement,
on est encore de grands enfants qui adorent écouter une histoire,
même si celle-là est tristement réelle ou celle-ci empreinte
de tant de belgitude ou encore tellement européanocentriste qu'elles
en deviennent des caricatures. C'est cette façon de raconter ce dont est fait notre quotidien, un "bête" fait divers, qui est génial (on ne se rend même plus compte de l'abberation des actes posés ou des discours dits) : on est embarqué dans un "vraie" histoire, et porté par un suspens qui vient d'on ne sait où. Leila Kliche, Bruxelles |