Lautresite, le jour, 26 septembre 03
       



Ô, fils des étrangers!

Dernier épisode connu.
Provisoirement sans fin…


Depuis le début de cette semaine, nous vous avons raconté l'histoire de David, belge comme vous et moi peut-être, qui n'arrive pas à faire venir en Belgique ses deux filles de leur Burkina Faso natal où, depuis le 17 juillet, elles attendent avec leur maman, l'épouse de David, leur visa d'entrée dans notre belle terre de démocratie. Pourtant elles sont belges comme lui, de droit puisqu'elles sont mineures (art 12 CNB). Nous sommes le 26 septembre, Anaïs et Aïda sont toujours à Ouagadougou, sans visa, sans papier d'identité de Belge et l'école où elles sont inscrites à Bruxelles attend leur arrivée.
Oui, c'est absurde, pourquoi faut-il un visa pour autoriser des Belges à entrer dans leur pays? Ne nous demandez pas d'expliquer, on constate et la famille de David subit.
Pour cette dernière édition de lautresite, nous voudrions, nous qui sommes tous fils, petit-fils ou arrière-petits enfants d'étrangers (la Belgique est depuis quelques siècles le creuset d'un joyeux mélange) remercier Paul, Eric et tous les autres d'avoir hébergé l'histoire de David, alors que Lautresite.com vivait sa dernière semaine. Merci d'avoir voulu tirer les dernières cartouches pour cette histoire que le renforcement de l'arbitraire, la peur de l'autre ont rendues finalement banale parce que de plus en plus fréquente et qui n'arrête pas pourtant de nous indigner. Tout comme nous fait honte ce constat qu'un droit n'est plus une chose naturelle qui s'exerce parce que la loi l'a fixé, mais est de plus en plus à chaque fois, le résultat d'une lutte dont sortent seuls vainqueurs ceux qui peuvent se prévaloir d'un bon carnet d'adresses politiques ou de moyens de pression médiatiques.
Revenons à l'histoire de David et de sa famille. Elle n'a guère évolué depuis les jours derniers. Elle tourne même en rond. Avant-hier, nous adressions un courrier à chaque membre de la commission du Parlement chargé des naturalisations. À ce jour, aucun d'eux n'a encore répondu. Contacté par d'autres voies, un parlementaire bruxellois "D.G." serait en train d'intervenir. Encore une bouteille à la mer.
À Ouagadougou, l'épouse de David a reçu l'assurance qu'elle aurait bientôt un rendez-vous avec Madame le Consul. Cela nourrit l'attente.
Quant aux échanges de mails qui se poursuivent entre les amis de David, l'Office des étrangers et les Affaires étrangères, on nage en plein Kafka. Jugez plutôt: