Lautresite, le jour, 23 septembre 03


Scène 7

Sam Moktar :
Le matin même de ma permission, je mets mon plus bel uniforme. Je grimpe sur le rebord de la fenêtre et me jette dans le vide. Sans plus tarder : le sud. Direction…le Maroc. Après tant de boue, de fumée et de sang, je reprends enfin de l’altitude…à la recherche de l’air, l’air frais des cimes de l’atlas. A la vitesse de l’éclair, j’évite, à ma gauche, les coups de canons de Mussolini, à ma droite, l’Espagne franquiste, encore des fascistes. J’accélère le mouvement droit devant le port de Tanger, Nador, Melillia, Tazn’tem , le village, le marché, la place, ma grand-mère.

Ben Grand-mère :
(chantant) Ah mon fils il est revenu, il va se marier
Ah ah ah les francis il l’on pas tué,
Ahh il a échappé aux zallemands
Il va recevoir la médaille devant tout le monde
Ah mon fils Fatima elle attend elle est là ahhhahhh

Sam Moktar :
La place est bondée, la famille et les amis d’un côté, les militaires et le responsable des affaires indigènes de l’autre, et au milieu sur une petite estrade Fatima la belle, Fatima la douce.

Ben Caïd :
Laissez passer la fanfare ! Laisser passer ! Plus vite ! (il dirige la musique et ouvre les bras) Moktar Oulidi, mon neveu préféré, tu es comme mon fils C’est un jour béni des dieux, un jour de fête.

Sam Mokhtar :
Hypocrite !