Lautresite, le jour, 23 septembre 03

Sam Moktar :
Dgemblouxe…(Pause)

Ben Wielfried :
Moi aussi, “Dgemblouxe”. On est du même village alors. J’étais presque mort là-bas (il montre sa blessure). La baïonnette entrée ici et sortir par-là. (Pause) Sauvé par un Marocain, un tirailleur. M’a porté sur son dos pendant des minutes et des minutes. J’étais secoué, je pissais le sang et toute ma vie défilait. (Pause)

Sam Moktar :
Il doit rester une minute.

Ben Wielfried:
Aaaamai tu parles bien… mais tu préfères pas parler. Bien joué je comprends… . Je vais enfin avoir quelqu’un à qui parler. Parce que les boulons toute journée, tu tournes maboul. Ça fait combien de temps que tu t’es fait avoir à Gembloux ?

Une sirène retentit-ambiance usine:ils sortent chacun de leur côté
Noir

Lumière : ils entrent

Ben Wielfried:
J’ai bien réfléchi à notre conversation d’hier, Moktar. Soldat, militaire, pour toi, c’est un métier… Tu aurais pu être engagé par les Allemands que t’aurais aussi bien gagné ta vie qu’avec les Français somme toute. Tu serais devenu un bon aryen. Excuses, hein.. C’est pour rire.

Sam Moktar :
Wilfried, c’est quoi la race aryenne ?