Lautresite, le jour, 23 septembre 03



Scène 6

Sam (isolé dans la lumière d’un projecteur en douche) :
Janvier 41, un camp de travail quelque part en Allemagne. Moktar rencontre Wilfried, le sergent belge.

Noir, ambiance sonore du camp de travail en Allemagne, puis lumière, et entrée de Sam Moktar (de jardin) et de Ben Wielfried (de cour).

Ben Wielfried :
Quand la sirène retentit, t’en a exactement pour cinq minutes fieu.

Sam Mokar :
...

Ben Wielfried :
Oui, ils disent dix minutes, ça c’est ce qu’ils disent. On a quand même pas de montre pour vérifier. Mais t’as vite une horloge dans la tête ici. En réalité c’est cinq minutes et même parfois moins. J’ai compté. D’ailleurs il ne nous reste plus que trois minutes. Approximativement, bien sûr. (Pause) Armée Française ? Tirailleur ? T’es sûr que tu me comprends ?

Sam Moktar :

Ben Wielfried :
Pas avoir peur, hein jongen. Ca se voit quand même que je suis qu’un prisonnier comme toi. Tu te méfies, t’as raison. A ta place je parlerais à personne ici, même pas à moi. La preuve tu me parles pas… (Pause) Plus que deux minutes. Cortil Noirmont ? Hernage ? Peut-être Chastres ? Tu te souviens où qu’ils t’ont attrapé ?