Lautresite, le jour, 23 septembre 03



Je cherche dans l’étendue du carnage un souffle, un regard, un cri. Je comprends que les pertes sont lourdes, c’est le chaos. Je me rabats vers un bosquet où l’air est moins macabre et plus respirable…. Accompagné de Miloud, nous avions le sentiment d’être les seuls survivants de cette bataille sanglante. Soudain, à notre droite une patrouille, quatre, sept, neuf Allemands. Ils s’arrêtent. Ne pas faire de bruit, surtout ne pas bouger, ne plus respirer. Je peux tout entendre. Le moindre craquement. Le doigt de Miloud sur la gâchette.

Ben Miloud :
Chek rouh da. (indiquant une direction à Sam) Nech adahar da. (indiquant une autre direction)

Sam Moktar :
Ils s’éloignent. Ils parlent, ils rient. Comme si de rien n’était. Je sens le mort autour de moi.

Ben Miloud :
Moktar, adnrar yamessen !

Sam Moktar :
Il en reste un ! Mais qu’est-ce qu'il attend ?

Ben Milhoud :
Il baisse son pantalon. On ne peut pas tirer. A cause du Bruit. Moktar sort ton couteau. Fais comme à l’entraînement. Les autres n’entendront rien.

Sam Moktar :
Laisse le partir. C’est un vieux…

Ben Miloud :
On peut pas. On a des ordres. Je vais me montrer avec mon fusil. Il va lever les bras. Et toi tu vas faire comme à l’entraînement.