Lautresite, le jour, 24 septembre 03
       
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En ce jour du jeudi 25 septembre 2003,
« celui qui a tué Lorca en sait long sur la littérature » disait Stig Dagerman. On cherche à exhumer. La descendance du poète demande de ne pas déranger les pierres. Les histoires de fosses communes et de carrés des indigents marquent la fin d’un été. Nos gouvernants, d’où qu’ils soient, ont à s’expliquer de ces histoires de terres retournées. L’Espagne sonde sa mémoire sous la caillasse, ce sont souvent des champs de vigne, c’est un peu la Butte Rouge : «Aujourd’hui, il y a de la vigne, il y pousse du raisin, mais moi j’y vois des croix portant le nom des copains». Il reste une polémique sur la localisation exacte de la Butte rouge, on croit savoir où sont les os de Lorca. Faut-il laisser les vivants déterrer les morts ? Ce site, nous a-t-on dit, ressemble à un cimetière. On a raison, c’est une stèle. Elle dit la fin d’une époque. Mais on n’aurait plus besoin de savoir comment les époques finissent. Qu’on les achève, disent les amis de la publicité et de la communication. Cent balles pour la peau de l’époque, disent les entreprises de médicaments, les femmes de PDG qui font dans l’humanitaire, les petits actionnaires qui ont parié sur la fonte des glaciers, les juges qui ne savent pas quoi faire des années qui leur restent dans les mains, tous ils scandent « cent balles pour la peau de l’époque ! ». Équarrissons, équarrissons, il en restera toujours quelque chose. (...)
















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