Lautresite, le jour, 24 septembre 03

Ben Fkih :
Donc il te faut une lionne. Mais avant ça il faut un nid d’amour. Allez prends la pelle le Caporal a dit qu’il fallait creuser les tranchées. Allez creuse ! Je vais t’expliquer la technique.
Tu creuses, tu creuses, tu creuses le trou dans la terre, là, au milieu du champ. Mais attention, tu creuses juste la place pour ton corps, que tu te recouvres bien de branche et de terre. Bien caché, que personne il sait que tu te caches dedans. Personne sauf toi et...Allah (il regarde le ciel) Et ensuite, lorsque tu sens la terre trembler, c’est que les chars allemands, les Panzers, ils passent au-dessus de ta tête. A cet instant précis, avec ton fusil tu CALES la baïonnette dans la chenille du blindé. A ce moment là, Miloud qui se trouve dans le trou juste à côté, enfin si il dort pas, il sort comme un diable de sa boîte et toketouketou : il tire sur les Allemands qui suivent le char par derrière pendant que toi, tu places la grenade sous le char et chtrak isdoukaz … Explosion et toi tu te retrouves comme un prince et t’as gagné ! Aiwa !, Aiwa !, aiwa !

NOIR. Voix de l’histoire (off) : Il est cinq heures du matin. En ce quatorze mai 1940, la ville et les villages des alentours de Gembloux sont animés, rythmés par le flux des colonnes de réfugiés qui fuient l’envahisseur. Et pourtant, la fatigue donne aux valeureux tirailleurs, fraîchement installés dans les tranchées qu’ils ont eux-mêmes creusées, l’illusion d’une atmosphère presque paisible.

A suivre