Lautresite, le jour, 24 septembre 03



On entend la voix de l’histoire (off) :
« Après une marche ininterrompue de vingt-quatre heures pour parcourir nonante kilomètres, les Quatrième et Septième Régiment de Tirailleurs Marocains, fatigués, exténués, affamés, arrivent enfin à Gembloux. C’est presque la fleur au fusil qu’ils foulent le pavé de la commune wallonne où des cars civils réquisitionnés les attendent. »

Sam Mokhtar :
C’est avec le sentiment d’être arrivés en terre promise que nous arrivons dans une bourgade à deux kilomètres de Gembloux. Car c’est le village tout entier et son bourgmestre qui nous accueillent avec des bravos et vivats. Bravo, vivat, bravo, vivat…Vive les tirailleurs marocains ! Bravos vous êtes les meilleurs…Bravos…

Ben Fkih : (Allumant sa pipe et saluant tel un Sganarelle)
Misieu Li Burmistre. Nous attendons avec impatience votre discours…

Sam Bourgmestre :
(Il parle avec un accent Wallon très prononcé)
Chers courageux et valeureux tirailleurs marocains.
C’est avec honneur, bonheur et joie qu’au nom de toutes les Gembloutoises et tous les Gembloutois, que nous vous souhaitons la bienvenue et comme on dit chez vous Salam alekoum. Mais le chemin de la paix est encore loin, très loin, aussi loin que la distance qui vous sépare de votre pays d’origine, où, par ailleurs , vous avez laissé vos femmes, vos femmes, vos familles, vos amis et même votre patrie. Pour venir ici en Belgique, courageusement chasser la bête immonde qu’est le nazisme. Jamais, très chers tirailleurs marocains, non jamais la Belgique et la France ne l’oublieront.
Bon, parlons peu, parlons bien.
A la demande de votre commandant en chef nous avons réquisitionné toutes les pelles et les pioches du village, afin que vous puissiez creuser vos tranchées, et vous préparer, comme il se doit, à vos activités militaires. Toutefois nous vous avons prévu, après ce dur labeur, des granges aménagées pour la circonstance, c’est-à-dire avec une épaisseur de paille décente, et des boissons chaudes. Vive la Belgique, vive la France et vive les Sénégalais. Merçééé !