Lautresite, le jour, 24 septembre 03
       
[


Que le conseil municipal de Toulouse ait pu, un moment, considérer logique de s’attribuer une part de l’argent que des citoyens anonymes avaient versé pour d’autres citoyens anonymes, c’est accepter d’agrandir un peu plus le cratère de l’explosion et c’est augmenter plus encore le gouffre sous les pieds des Français du bas. Nous avions pu pourtant comprendre que la gestion était devenue, plutôt que la vision, le terrain privilégié de la politique. Nous en étions même presque tombé d’accord : nous avions finalement accepté que « la politique n’est plus le lieu de la prévision et de la prévention, mais un endroit désormais plein de surprises. Parce que c’est ce qui ne devait pas se produire qui survient, il est arrivé plus d’une fois ces dernières années que la politique se montre mondialement déconcertée d’une évidence qui pourtant la construit ». Il doit y avoir quelque chose qui n’a pas été vraiment compris au 21 avril 2002. Et l’on devra bien se rendre aussi à un examen minutieux de la gestion sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Son « plan roumain », par exemple, n’a permis le retour au pays que de cinq adultes lors de la première année d’exercice de cette mesure. On dira juste ceci à Nicolas Sarkozy: du temps de l’Opération Villages Roumains, en prenant à notre compte la gestion des visas et à notre charge les responsabilités administrative et politique, nous avions invité plus de six mille Roumains en deux ans. Deux d’entre eux ont demandé l’asile en Belgique. Deux. Les cinq mille neuf cent nonante huit autres sont retournés en Roumanie. On n’avait pas dû prendre le problème par le même bout. On avait dû, en fait, fort mal gérer.





















]