Lautresite, le jour, 23 septembre 03



Scène 2

Ben Hanna :
Ouah Oulidi ouhkidi…………La Mokhtar ne fais pas cette bêtise. Ecoute ta grand-mère. Ne lie ni aux français, ni aux Espagnols, ah oulidi. Ce sont nos ennemis de toujours. Ils nous ont déjà tout pris nos terres, nos enfants, nos maris, ton grand-père les a combattus dans les montagnes jusqu’a la mort Allah yarahmo… Il nous reste que notre dignité …
Ne pars pas oulidi, ne pars pas oulidi femti oulala. On s’habitue à tout sauf à la douleur mon fils! Et toi tu vas aller souffrir ?

Sam Moktar :
Regarde, Hanna, j’ai de l’argent. Je vais rembourser les dettes. L’huile, la farine. A partir de maintenant Hanna c’est moi qui m’occuperai de toi. Chaque fois que le postier il apportera les lettres au Caïd, il te donnera aussi de l’argent. Et c’est moi qui te l’aurai envoyé.

Ben Hanna :
Ah Ouhlidi moi je ne veux pas de ce flouze-là. Je préfère encore n’saha, comme les mendiants. Na na na … (Elle le regarde dans les yeux pour voir quelle est sa décision) Aaah oulidi… (se dirige vers le fond de la scène et disparaît en musant)

Sam Moktar
(Hanna continue à muser) Elle a continué pendant des heures et des heures ses suppliques comme seules les grand-mères peuvent le faire. Moi, je n’osais même plus la regarder. Je suis parti comme on revient, en un coup sans me retourner (pause). Dans la rue avec mon sac de toile sur le dos et mon contrat en poche, j’ai regardé les vieilles bicoques comme si je les voyais pour la première fois. Je les trouvais presque belles avec leur toits de ….tôle ondulée. Dommage que je doive partir alors que pour la première fois, j’ai de l’argent en poche. Bon, c’est le Mektoub. Nous les méditerranéens on accepte toujours notre destin, surtout quand il est écrit. C’est normal les paroles volent les écrits restent. Soit, Je continue mon chemin et devant moi se dresse la seule grande maison, pardon, demeure, que dis-je, la plus grande villa, du bled. C’est la maison du père de Laila. Et Laila : chhhhhhhhhh….