Lautresite, le jour, 23 septembre 03
       
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En ce jour du mardi 23 septembre 2003,
nous voyons ceci qu’une jeune fille de quinze ans — jeune fille mais mineure n’est-ce pas — figure l’un de ces fantômes du refuge, errant dans la zone de transit de l’aéroport de Bruxelles National depuis, quoi, cinq bonnes journées. On tente de la faire monter dans un avion. Par deux fois déjà on a voulu la renvoyer en Angola, d’où elle est arrivée et où personne ne peut assurer à cette heure qu’elle y ait de la famille ni qu’elle y soit attendue. Il s’agit ici d’une « chose revue » : les couloirs de l’aéroport ont connu d’autres mineurs, d’autres vols aussi qui ramenaient « chez eux » des enfants qui n’en venaient pas. L’Office des Étrangers est, une nouvelle fois, en cause dans cette histoire. L’Office des Étrangers n’arrête pas d’être « en cause ». Par exemple, nous donnons à lire dans ces pages — nos dernières — l’histoire de David Bary, Burkinabais d’origine et nouveau Belge, qui teste pour l’instant la valeur de sa carte d’identité auprès des fonctionnaires du dit Office. Ça ne se passe pas bien. Il voudrait faire venir sa femme et deux de ses enfants (des filles, mineures) comme le lui permettent la loi et le droit. Il avait préparé une rentrée scolaire ad hoc, il se retrouve ici, seul, avec les cartables, les plumiers et les cahiers. Le téléphone, quant à lui, est muet. L’Office ne répond pas. C’est une chose fort courante. Vous nous direz : devant l’histoire de cette petite fille de l’aéroport, on ne va pas en faire une affaire. Après tout, ces gens sont chez eux, chacun de leur côté, c’est juste qu’ils ne sont pas ensemble en même temps au même endroit. C’est ici que nous voudrions rappeler que l’un des arguments le plus souvent employés par les partis politiques hostiles au droit de vote pour les étrangers « non communautaires » est, précisément, que les formalités d’acquisition de la nationalité belge se sont faites plus souples. (...)






















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