Lautresite, le jour, 22 septembre 03



Ben :
Alors, écrire c’est bien… Mais comment apprendre à structurer notre discours? On s’est dit : quelle est la quête de notre héros ? Cette histoire qu’on veut raconter, on voulait que ce soit un réquisitoire contre les guerres. Il nous faut un protagoniste : celui qui porte l’histoire et qui nous emmène dans un long voyage jusqu’en Belgique, jusqu’à Gembloux. Dgemblouxe!
J’ai regardé le marché de Molenbeek par la grande vitre de la salle et j’ai déclaré : tu vois Sam, ces couleurs, ces fruits, ces gens, cette opulence, cette abondance ? Eh bien, au début de notre histoire, il n’y a ni foule, ni cri, ni couleur autour de votre héros. Au début : le vent, ya sahbi !

Sam :
(fait le bruit du vent.)

Ben :
Non Sami, pas comme ça ! Pas un vent chargé de pluie.

Sam :
(modifie le bruit de vent)

Ben :
Voilà ! Un vent de faim et de misère. Un vent de mort qui passe sur les cadavres de chiens, sur les ânes étendus pour toujours, dont la gueule grande ouverte sera bientôt recouverte par la poussière et le sable. Un vent qui, la nuit, vient cracher son venin glacial. Un vent qui te pique qui te mord qui te coupe !

Sam :
(imitant le Mouedzin) Allaaaaaah walbaaaaaaaar…

Ben :
(L’interrompant) DIEU ? Dieu était loin bien loin de ce triste paysage où plus rien ne poussait. Cela faisait des années que la sécheresse maudissait ce petit village. Tazn’tem !