Lautresite, le jour, 22 septembre 03
       
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Le « Faire société » reste aujourd’hui la préoccupation majeure de Causes Communes. Simplement, là où nous tentions hier, avec les communes puis avec les quartiers, d’aller trouver le citoyen là où il était et de l’entraîner dans des aventures mobilisatrices — et même, dans le sens strict du terme, bouleversantes —, nous pensons aujourd’hui qu’il nous faut aller chercher plus loin encore les raisons du « vivre ensemble ». La question du « Pourquoi faire société » a remplacé, pour nous, la question du « Comment faire société ». C’est à cela que nous nous sommes attelés, notamment au travers de « lautresite ». Nous sollicitons, aujourd’hui comme jamais, l’imaginaire, la mémoire et le symbolique collectifs qui pourraient expliquer pourquoi nous souhaitons tout de même continuer de vivre ensemble alors que tout nous invite à défaire société. Disant cela, nous sommes bien conscients d’anticiper sur des débats qui sont seulement en train d’affleurer dans nos sociétés. De la même manière que nous n’étions pas sûrs, en 1988, qu’une coalition internationale de communes pourrait utilement et efficacement contrer les menées totalitaires de Nicolae Ceausescu.
On aura compris que ce qui est en cause dans les rapports que nous entretenons avec les pouvoirs publics, c’est tout autant la reconnaissance d’une histoire qui tombe peu à peu dans un oubli vertueux que la prise en compte d’une approche qui s’apparente à une véritable recherche. Nous savons que les associations, comme les civilisations, sont mortelles. Nous ne voulons pas, quant à nous, privilégier notre survie. Mais nous entendons bien demander aux décideurs politiques, comme aux citoyens par ailleurs, s’ils estiment que ces préoccupations-là appartiennent bien au champ de la vie sociale ou s’il faut simplement se résigner, ensemble, à gérer l’existant d’une société dont les lignes d’avenir sont plus floues que jamais.

Le Conseil d’administration de Causes Communes
























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