Lautresite, le jour, 19 septembre 03
       
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En ce jour du vendredi 19 septembre 2003,
je vous parlais du « pourquoi » et du «comment» hier, et précisément ce matin, je me suis levé avec du « comment ». Il n’était pas huit heures que les ouvriers communaux sont venus déposer dans ma petite cave les tables et les chaises nécessaires à notre fête de quartier du 21 prochain, jour bruxellois sans voiture, et jour donc de tables et chaises dans la rue, les voisins préparent à manger, on sert à boire et voilà pour le « comment ». Il y a quelques années, lorsque quelques voisins décidèrent, autour d’un verre comme cela se fait usuellement, d’ouvrir une maison, une seule, et d’y inviter les habitants de la rue, un dimanche à l’heure du café, nous n’étions pas trop sûrs du résultat. Mais bon, à l’heure dite, le salon était plein et ainsi depuis plus de cinq années de temps à autre une maison s’ouvre, quelques rendez-vous annuels sont fixés, on sort parfois dans la rue et ce n’est pas une kermesse mais du coudoiement et du tutoiement. De sorte qu’aujourd’hui tout le monde se connaît et que les rétifs se font rares. Ce sont toutes sortes de petites solidarités, mais nombreuses. C’est ce que nous avions appelé à l’époque une « tentative de libération d’une rue de la tentation de l’extrême droite ». On ne sait pas, à vrai dire, si cela fonctionne vraiment mais enfin, on travaille sur nos ressemblances, à vrai dire. Les communautaires, c’est nous. Évidemment, ce n’est pas une association, juste des gens. Ça n’a pas exactement de nom, entre nous on dit « l’assemblée de rue ». On n’a pas formalisé. On gagne en liberté quand on ne formalise pas et on refuse intensément de s’inscrire dans les organisations qui entendent réglementer, cela se fait, les relations de voisinage. (...)




















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