Lautresite, le jour, 18 septembre 03
       
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Cette revue a usé de rencontres et de correspondances entre des faits et des événements dont les corrélations n’étaient pas établies : il s’agissait, pour nous, de faire surgir une autre sorte de compréhension qui aurait évité la linéarité comme le fatalisme. Ainsi de la recherche sur le «préfabriqué » : cette cosmogonie imaginée autour d’un mot qui, on s’en souviendra, concernait les réfugiés et leur accueil ; une thématique — et une valeur — déclinée à l’envi dans la revue. De la conquête de la grande prairie américaine aux centres de réfugiés, nous avions dressé une carte de potentialités et d’hypothèses : au centre venait toute la question de l’industrialisation, traversant les guerres coloniales et les systèmes totalitaires, elle est pour nous toujours de mise. Cette recherche supposait du temps. Beaucoup de temps, avons-nous envie de dire. Nous éloignant ainsi des territoires — et des tentations — du pragmatisme et de l’immédiateté (car, tout de même, dans le monde où l’on vit, il y a plus urgent que de fouiller sous terre de quoi se recomposer : par exemple continuer à vivre jusqu’à demain), le prix du loyer est venu nous rappeler que nous n’obéissions qu’imparfaitement aux injonctions économiques. Le lecteur sait sans doute ce que coûte un acte gratuit. Nous ne voyions pas, pour ce qui nous concerne, qui aurait pu prendre en charge ces coûts et ces prix, sinon l’État, tout de même, et ses services culturels. Il y a quelque chose du bien public dans cette affaire et lautresite, pardon, vaut bien un trottoir. Mais bon, le ménage ne s’est pas fait entre le désintéressement et le désintérêt. Nous n’avons pas trouvé d’oreille, raison pour laquelle vous n’aurez bientôt plus besoin d’yeux. À un moment, cet écran va se figer. Et avec notre marmite éternelle et ce que nous puisons dedans, nous aurons l’air fin, je vous le dis.























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