Lautresite, le jour, 17 septembre 03



Il y avait enfin les réincarnations qui permettaient de découvrir les joies de l’existence d’un caniche, d’une feuille de papier 21 x 29,7 ou d’un caramel mou.

Aucune de ces maigres promesses n’enthousiasmait Côme. Elles laissaient présager un ennui infini. Ce qui l’inquiétait par-dessus tout, c’était le passage de la vie à la mort. Une crampe au cœur, les poumons qui restent sourds au besoin panique de respirer. Quelles pouvaient bien être la durée et l’intensité de cette souffrance ?

Quand, un peu plus tard, mademoiselle Alice vint le border pour la nuit, Côme n’y alla pas par quatre chemins :

– Et si je ne me réveillais pas ?

– Souviens-toi de Peter Pan qui, sur le point de se noyer, s’était enthousiasmé : “ Mourir ? Encore une aventure palpitante ! ”

– Vous voulez dire que je serais le seul enfant au monde à avoir peur de la mort ?

– Enfant, grande personne… peu de gens acceptent cette injustice, reconnut mademoiselle Alice en venant s’asseoir sur le bord du lit. Je n’ai rencontré qu’une petite fille qui savait prendre la chose avec noblesse et sérénité.