Lautresite, le jour, 17 septembre 03

   




Je suis à chaque fois troublé par la beauté pure et désinvolte des femmes tziganes. Ces longues robes chamarrées, ses longs cheveux de jais noués par un ruban, ces déhanchements à la grâce surnaturelle… et cette musique qui vous accompagne, vous touche au plus profond de l’âme.

Ma première impression avait pris la forme d’un rêve adolescent : étais-je devenu ce cow-boy justicier , visage pâle « ami » des peaux-rouges et qui apprend à danser en se laissant ensorceler par la fille du Grand Chef ; dans cette quête de l’absolue harmonie de la terre et du ciel »

Mais depuis, une conviction prégnante : ton peuple semble souffrir d’une malédiction millénaire ! Rejeté sur les routes après avoir été sédentarisé de force. Sur ton chemin, l’exil semble collé à jamais à tes semelles de vents. Et cette marmaille multiple qui s’agrippe et boit à tes mamelons tristes mais qui apaisent…de Suceava à Costeti, de Jibau à Craiova.

Croisée sur la route de Sambata de Sus, au pied des Monts Fagaras, une Mère errante…une Mère errante.