Lautresite, le jour, 17 septembre 03
       
[


La loi n’interdit pas cela, l’encourage même à certains égards, sous la condition que le travail presté profite à l’intérêt général et pas au secteur privé. La démarche du réfugié est, quant à elle, volontaire. Elle lui sert à arrondir son argent de poche hebdomadaire (3,5 euros) et il ne lui faut plus désormais que trois heures de travail pour acheter un paquet de cigarettes. En voilà, du beau lumpen, muni de la garantie du gouvernement. En voici, du joli sous-prolétariat légal : rien que des personnes «endangées» qui ont une chance sur cent de voir leur demande d’asile acceptée et qui, durant ce délai, restent idéalement corvéables. Car l’État ici, il ne faut pas s’y tromper, prend le relais du passeur. Les bonnes intentions du législateur renvoient aux services rendus par le trafiquant : il n’existe qu’une simple différence de degré sur l’échelle de l’exploitation. Le réfugié n’est pas un être social. Il peut exister en dehors des conventions. Il peut vivre dans la trame des contrats et des concertations. Rien ne le concerne puisqu’il ne concerne personne. Aussi bien, pour ce que l’on connaît aujourd’hui du dossier, la seule faute du directeur du Centre d’accueil de Fraipont aura donc été de ne pas respecter les règlements de sécurité au travail. Le débat de la Croix-Rouge cache cela, le maquille, le travestit. Car il n’est pas douteux qu’une association dont la culture d’entreprise est basée sur le respect intégral de la loi répète dans sa structure et dans sa hiérarchie les modalités d’une exploitation effectuée par ailleurs légalement. Demain, la grève générale des gens de la Croix-Rouge nous parlera vraisemblablement des conditions de travail. Toutes les conditions ? Tout le travail ? Nous verrons bien alors ce que nous pourrons verser dans notre marmite éternelle.






















]