Lautresite, le jour, 15 septembre 03
       
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En ce jour du lundi 15 septembre 2003, les choses vues, nous les voyons surtout par la télévision. La marmite éternelle — que nous avons déposée sur notre feu depuis la semaine dernière, rappelez-vous — nous a permis, par exemple, de verser au pot, dimanche soir, cette image furtive de la scène principale de la Fête de l’Huma — sur laquelle nous voyions Bové, Besancenot et Buffet — flanquée à sa gauche (à sa droite aussi peut-être mais l’image était incomplète) d’un imposant calicot arborant les logos géants de RTL et TF1. En foi de quoi, nous nous mettions à comprendre encore moins ce qui se passait à l’OMC et pourtant aujourd’hui tout le monde comprend quelque chose à l’OMC et comme le disait ce matin Pascal Lamy : « On gagne un succès, mais on perd un échec, cette fois c’est un échec ». Allons donc au Sud. Vérifions tout d’abord qu’il y a des gens en parachute qui, largués d’avions ou de montgolfières, passent en une minute ce que des clandestins mettent des mois à traverser. La fois dernière, c’était un homme volant par-dessus la Manche, atterrissant comme il est de coutume à Wissant. Cette fois, chose vue hier, c’était donc un type qui a avalé comme pour rire le détroit de Gibraltar par les airs, en partant de Tarifa, comme le font aussi usuellement par mer des gens que l’on retrouve noyés ou échoués sur des plages espagnoles. Ce sont d’autres mais les mêmes qui, ce week-end, au large du Yémen, ont été jetés par-dessus bord du bateau de leur passeur. Ils étaient cent. On en a repêché cinquante-cinq. On voit ici toute la différence sémantique qui peut exister entre « par-dessus » et par-dessus » : ce n’est pas la même chose de dire « par-dessus la Manche » et « par-dessus bord ». Des images existent de ceux qui sont « par-dessus la Manche ou Gibraltar ». (...)






















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