Lautresite, le jour, 12 septembre 03
       
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En ce jour du vendredi 12 septembre 2003,
l’on apprend ce que notre marmite éternelle (voir hier) pourrait devoir à l’opportunisme germinateur des comètes et la première chose à quoi l’on pense c’est, qu’après tout, Dieu est peut-être bien un joueur de dés, quoi qu’on en ait dit. La seconde, c’est que, oui, il est désormais permis et licite de « voir de Sirius », terme qui qualifie ordinairement une sorte de position naïve et irréaliste, absolument pas terre-à-terre, plutôt carrément lunatique, et cette idée même, par ce matin bruineux, nous revivifie assez. Donc, d’après des chercheurs liégeois, la vie serait d’origine extraterrestre et nous serions les enfants — disons même les victimes — d’une collision entre des comètes et notre jeune planète qui, de son côté, aurait fourni l’énergie nécessaire pour éduquer et élever ces molécules exogènes. Terre mère et comètes pères, voilà en ce vendredi avec quoi l’on arrive muni tandis que les informations prennent vaillamment le relais du 11 septembre et nous entraînent sans désemparer d’un grand magasin de Stockholm — le Nordiska Kompaniet — à un quartier général de Ramallah — la Moukataa, nom synonyme. Ici, l’on a envie de crier « Arrêtez la terre, je veux descendre » — c’est Alfred Sauvy qui aurait dit cela un jour, je ne confirme pas, peut-être quelqu’un peut-il, mais j’assure ici que c’est bien lui, cependant, qui forgea le mot « tiers-monde » — et l’on en veut profondément aux comètes, à leur eau et à leurs poussières. Parfois, l’on nous reproche çà et là de revenir toujours avec des mots dans nos billets qui disent le sang, la mort, le coussin, l’expulsion, la bombe, le génocide, le soldat, le cimetière. Mais ce n’est pas nous qui sommes désespérants, nous le jurons. Notre regard n’est pas même biaisé. Il faut dire que d’abord, nous faisons confiance. (...)






















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