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Car il n’est pas aisé de porter son regard vers
quoi l’on sera le plus tolérant. Vers un enseignement propagateur
de différenciations sociales, culturelles et économiques,
ainsi qu’un récent rapport le laisse voir ? Ou vers des enseignées
(car aussi, où sont les garçons dans cette histoire ?) dont
on nous dit aussi parfois — il existe là-dessus une littérature
et Harlem Désir relaya autrefois cette thèse— que
leur exigence identitaire serait le signe annonciateur d’une distanciation
d’avec leur propre milieu sociologique et que le port du voile ne
serait jamais que le premier pas vers l’achat de jeans ?
Quel pari donc entendons-nous faire ? Il faudra être juste là-dessus.
Très juste. Ce débat a plus de dix ans aujourd’hui
et le sentiment naît qu’avec ce slogan écrit sur les
murs et les résultats du récent rapport sur les inégalités
scolaires, il se clarifie tout à coup. En même temps que
les supposés universalisme et égalitarisme de l’enseignement
en prennent un coup, la revendication particulariste engage sa spécificité
sur des terrains plus clairement politiques. L’école, parce
qu’elle offre une surface de confrontation culturelle directement
visible, n’est dès lors plus que le lieu instrumentalisé
d’un débat qui désormais la dépasse. Il est
permis de lire ici, sans relever d'une pathologie mentale, une suggestion
de type ségrégationniste portée par ceux-là
mêmes qui sont aussi, à n’en pas douter, les victimes
d’une disqualification sociale. De cette façon, le cercle
est-il parfait.
Par l’un de ces curieux emportements de l’actualité
qui parle tout seul, le Parlement européen, arguant d’une
« violation du principe d’égalité entre hommes
et femmes », vient de sommer les moines orthodoxes du Mont Athos
de mettre fin à l’interdiction faite aux femmes (et aux enfants,
et aux hommes glabres) d’accéder au monastère. Qu’en
dira-t-on sur les murs de Bruxelles 2 ?
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