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En ce jour du vendredi 5 septembre 2003, on se demandait ce qui
nous rendait si décevants pour que des jeunes filles musulmanes
— dont nul ne conteste l’attention qu’elles portent
à la spiritualité — veuillent à tout prix marquer
avec nous — qui ne conduisons pas un entretien constant avec les
religions — une différence vestimentaire qui ouvre (la préhension
de la culture de l’autre) en même temps qu’elle ferme
(l’appréhension de la culture de l’autre).
Un graffiti sur un mur, devant l’école de Bruxelles 2 —
où le port du foulard est interdit — laisse augurer d’une
tactique nouvelle et intéressante : « Quelle démocratie
! Les homosexuels se marient ! Et le foulard est encore refusé
»,y lit-on, faisant apparaître une « sociologisation
» des luttes identitaires et créant une brèche dans
les combats pour leur reconnaissance de populations jusque là stigmatisées
et jusqu’ici relativement unies dans leurs revendications. Ce slogan
inaugure sans doute cela : une guerre concurrentielle entre groupes minoritaires
pour l’acquisition de nouveaux droits, induisant à son tour
stigmatisations et exclusions. Le préfet de l’athénée
précise que le seul foulard n’est pas en cause, qu’il
faut aussi compter avec le refus de certaines jeunes filles de suivre
les cours de natation, d’histoire et de biologie. Aussi bien, nous
trouvons-nous, sur cette question comme sur d’autres, dans un balancement
hésitant entre ce qui fonde les valeurs que nous proposons et l’acceptation
de leur contestation par ceux qui, ne participant pas du moule, n’entendent
pas pour autant faire creuset et posent la différence devant la
diversité. (...)
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