Lautresite, le jour, 3 septembre 03

Le site du Cornillon acquiert une valeur de généralité mais, précisément par ce qui lui est propre, par ce qui en fait un lieu particulier, irréductible à une collection de traits typologiques ou pittoresques qui viendrait enrichir le tableau contrasté de la ville contemporaine. Le terrain est montré de l’intérieur, à partir de l’expérience quotidienne de ses habitants ou, plutôt, selon la perception empathique que le photographe a pu en avoir dans sa propre expérience. Plus qu’une description, la séquence d’images forme un parcours en écho à l’appropriation du terrain par ses occupants. Elle rejoue la transformation du terrain en territoire: transformation puissante, qui engage des vies, des corps vivants, mais fragile, éphémère, puisqu’elle se termine par une évacuation et par la table rase préliminaire aux travaux de construction du stade ). Ce qui est intéressant, du début à la fin, c’est de voir précisément comment un terrain vague se transforme en un territoire vivant, pour ceux qui y vivent et pour celui qui est venu les rencontrer; comment ce territoire se fabrique dans le montage des images; et comment il se défait, avec le départ de ses habitants, auquel correspond le jeu cassé du montage. (...)