Lautresite, le jour, 3 septembre 03


Depuis Eugène Atget, Robert Doisneau, ou le néoréalisme italien, pour s’en tenir à l’environnement des villes européennes, une histoire du terrain vague s’est formée, proche de la “psychogéographie” ( Guy Debord ) plus que de l’étude savante des formes urbaines. Il existe un exotisme et une tradition pittoresque du terrain vague. Il en existe également une légende, qui vaut particulièrement pour les métropoles, c’est-à-dire pour les agglomérations qui ont rompu définitivement avec leur environnement rural ( ou l’ont absorbé très fragmentairement, sous forme de vestiges, assimilés aux parcs et aux jardins ); comme si un vide gagné par une végétation sauvage constituait automatiquement une rémanence de la campagne et, par extension, un anachronisme fixant des représentations archaïques.