Lautresite, le jour, 2 septembre 03


La parenthèse ouverte dans Berlin par la chute du Mur, comme la “Zone” parisienne des anciennes fortifications photographiées par Atget, sont des ruptures chronologiques autant que des interruptions d’une continuité spatiale. Accident de l’histoire, le terrain vague est à la fois un reste d’une espèce d’espace disparu de la ville au cours de son évolution et un territoire interdit de cité, refuge naturel des exclus et des jeux interdits. C’est pourquoi il doit être effacé, comme une tache, ou résorbé, comme une tumeur. Car s’il est généralement isolé, étroitement localisé, ou périphérique, il peut se diffuser par contagion et gagner toute la ville en absorbant l’espace public, comme on a pu le constater dans les downtowns américains et parfois même en Europe ( à Milan par exemple ). À l’exception de quelques îlots protégés, qui entretiennent une image d’ordre et de prospérité, la ville toute entière est gagnée par le vague: ville vague, constituée de fragments vaguement assemblés. (...)