Depuis Eugène Atget, Robert Doisneau, ou le néoréalisme
italien, pour s’en tenir à l’environnement des villes
européennes, une histoire du terrain vague s’est formée,
proche de la “psychogéographie” ( Guy Debord ) plus
que de l’étude savante des formes urbaines. Il existe un
exotisme et une tradition pittoresque du terrain vague. Il en existe
également une légende, qui vaut particulièrement
pour les métropoles, c’est-à-dire pour les agglomérations
qui ont rompu définitivement avec leur environnement rural (
ou l’ont absorbé très fragmentairement, sous forme
de vestiges, assimilés aux parcs et aux jardins ); comme si un
vide gagné par une végétation sauvage constituait
automatiquement une rémanence de la campagne et, par extension,
un anachronisme fixant des représentations archaïques.