Nous avons l'habitude de qualifier lautresite de revue de "poésie
politique". Pour nous, il s'agit d'une dénomination qui résume
assez bien l'esprit dans lequel nous travaillons depuis bientôt quinze
ans, lorsque nous imaginions "Opération Villages Roumains"
en 1988, puis "Causes Communes" en 1992.
C'était de la poésie politique d'imaginer, dans la Roumanie de
Ceausescu, que des communes européennes pourraient handicaper la mise
en place du plan de systématisation rurale. Elles furent pourtant 4000
de 14 pays avant que le Mur ne tombe et que le régime soit renversé.
C'était de la poésie politique d'imaginer, dans l'ex-Yougoslavie
en guerre, l'établissement, dans neuf municipalités bosniaques,
serbes, croates, macédoniennes ou slovènes, "d'ambassades
de la démocratie locale" où des villes européennes
envoyaient des délégations permanentes afin de favoriser et de
sauvegarder les derniers pluralismes à l'œuvre.
C'était de la poésie politique d'imaginer réaliser dans
des camps de personnes déplacées une "télévision
des réfugiés" mise sur pied et gérée par eux.
C'était de la poésie politique d'imaginer, en Belgique cette fois,
de mettre au jour les compétences et les désirs de quartiers et
de rues célébrant leurs retrouvailles dans des "Parcours
citoyens".
Aussi bien, après la guerre du Kosovo —lors de laquelle nous avons
transmis en ondes moyennes et courtes 90 heures d'émission radio bilingue
à destination des camps de réfugiés— n'avons-nous
été que modérément étonnés que les
institutions internationales avec lesquelles nous avions l'habitude de travailler
nous signalent que notre "heure était désormais passée"
et qu'elles allaient se charger elles-mêmes de ces terrains d'invention
pour la découverte desquels nous nous étions battus.
Cela, c'était bien entendu tout le contraire de la poésie politique.
Continuer la recherche d’une rencontre avec le politique reste, après toutes ces années, ce qui nous constitue. Sous le mot politique, nous entendons : chose publique, bien commun, intérêt général, tout ce qui fonde les raisons que nous aurions de vivre ensemble. En même temps, notre relation au politique s'est toujours inscrite dans ce que nous pourrions appeler la transgression, ne considérant pas que les seuls rapports de force étaient à même de faire évoluer les relations civiles.
Cet esprit qui était (re)devenu gênant —et qui fait à nouveau l'objet de frilosités et de craintes — nous avons donc choisi de le reconduire sur d'autres terrains. En 2001, nous choisissions Internet. D'une part, parce qu'il s'agissait de l'instrument le mieux adapté aux conditions de travail d'alors de l'association et, d'autre part, parce qu'il permettait de déplacer formellement notre propos en n'abolissant rien de son sens. Nous avons donc travaillé à mettre en lumière au travers d'explorations sémantiques, d'épuisements d'événements, de correspondances croisées, de carnets de bord, de récits ou d'observatoires, ce que nous entendions par ce terme de "poésie politique", qui n'est rien d'autre, finalement, que de provoquer des accidents dans des systèmes gestionnaires et "fatalitaires".
Il se fait que nous ressentons le besoin, aujourd'hui, de garantir l'existence même de ce projet. C'est pourquoi nous avons imaginé créer, pour cette revue, un "comité d'appui" auquel nous vous proposons de vous associer. Des discussions — qui n'ont, à ce jour, débouché sur rien de concret —ont été engagées, il y a quelque temps, avec les pouvoirs publics. Il n'est peut-être pas trop tard. Si vous souhaitez éviter que lautresite ne doive très bientôt cesser sa parution, nous vous demandons, à votre convenance :
1. D'ajouter votre signature à notre appel (nom, prénom, fonction,
adresse)
2. De collecter le soutien de personnes de vos connaissances dont vous pensez
qu'elles peuvent "peser" dans le débat culturello-politique
que nous menons
3. De nous faire parvenir un texte de soutien de votre main
4. De faire connaître lautresite autour de vous, si ce n'est déjà
fait.
Nous vous remercions déjà de votre contribution et de votre solidarité,
L'équipe quotidienne de lautresite
(Paul Hermant, Eric Masquelier, Sébastien François)
courrierlautresite@skynet.be
Ci-dessous, le comité d'appui au 27 août.
Ahmetaj, Faket, Bruxelles
Alavoine, Claudy, Pronfondeville
Allalou, Mohammed Ali, Paris
Arnould, Jean-Maurice, avocat, Ligue des Droits de l'Homme de Mons-Borinage,
Mons
Assenmaker, Michel, commissaire d'exposition, sémiologue, théoricien
de l'art, professeur, Bruxelles
Bailly, Serge, journaliste, Bruxelles
Barnet, Rudy, Bruxelles
Barnich, Alain, Permanent Centrale Jeunes FGTB Luxembourg
"Si notre société se débarrasse de ses
libres penseurs, qu’est ce qui pourrait encore la préserver de
ses superviseurs ou tireurs d’élite ?". Voir
texte complet, plus bas.
Baron, Stéphanie Genève
Bauduin, Jacques, Bruxelles
Beaufort, Didier, COTA, Bruxelles
Bellahsene, Fanny, chercheur, Jussieu, Paris
"Fous rires, silences, coups de gueule, échange donc.
J'ai trouvé dans cet espace la possibilité d'une petite pause
où l'on se raconte, "nomme", réfléchit ENSEMBLE
, où l'on se livre parfois". Voir texte complet, plus
bas.
Berestetsky, Alain, Directeur de la Fondation 93 (Centre de Culture Scientifique
et Technique d'lle de France), Montreuil
Bituur, Esztreym, finno-magyar filolog, expert en propagande perplexe.
Bodart, Jacquy, directeur d'entreprise retraité, Theux
Boissonnade, Marc, Directeur de la programmation de la Fondation 93, Montreuil
Bontems, Anne, Bruxelles
Boudjellal, Karim, Bruxelles
Boujraf, Farida, Bruxelles
Bourdages, Danielle, Montréal, Québec, Canada
Brouyaux, Antoinette, déléguée Ecolo à la Fédération
des verts européens, Bruxelles
Burlet, Alex, CESEP, Nivelles
Caiti, Giampiero, Bruxelles
Callede, Marie, Munich
Carez, Christian, photographe, Bruxelles
Chala, Samia, réalisatrice, Paris
Chef, Alex, Magnée, Belgique
" Vos analyses sur notre civilisation et sa politique méritent
d'avantage qu'on s'y interesse"
Chinotti, Monica, Lugano, Suisse.
Cignola, Francesca, Treviso, Italie
"C'est pour vous dire que j'apprécie votre travail et
que j'admire les gens comme
vous. Je vous admire pour la passion que vous mettez dans votre travail et
j'aime votre site, qui offre à son public privilégié une
vue autre et
unique sur le monde".
Cochereau, Jeanne, Directrice de communication de la Fondation 93, Montreuil
Coquio, Catherine, Professeur, La Sorbonne, Paris
Cox, Marina, photographe, Bruxelles
Dalla Palma, Pierre, illustrateur, Bruxelles
de Borger, Alain, photographe, professeur Ecole de Recherches Graphiques, Bruxelles
de Crane, Pierre, directeur commercial,Bruxelles
"L'accès à la vie quotidienne qu'offre cette
revue de "poésie politique" relève de l'hygiène
et de la salubrité publique". Voir texte
complet plus bas.
de Stefano, Rosette, sculpteur, Bruxelles
"Nous ne pouvons accepter que les pouvoirs de plus en plus
ne tiennent plus
compte des expériences alternatives indispensables à la liberté
d'expression...."
Degavre, Anne, graphiste, professeur Ecole de Recherches Graphiques, Bruxelles
Dickgreber, Marc, rédacteur en chef à N24 télévision,
Berlin
Drouzy, Fabrice, journaliste à Libération, Paris
Dujardin, Philippe, Mélin
Duvivier Jean Manuel, professeur à l'Ecole Nationale Supérieure
des Arts Visuels, La Cambre, Bruxelles
Duys, Pierre, metteur en scène, Antwerpen
Dzierzawska, Malgorzata, illustratrice, Bruxelles
Etienne, Christine, psychologue, psychothérapeute, Namur
Faton, Jacques, enseignant, Bruxelles
Fenaux, Pascal, journaliste (Courrier International, La Revue Nouvelle), Bruxelles
Fontaine, Anne, Bruxelles
Fontaine, Françoise, Bruxelles
Fontaine, Joelle, Offenbach am Main, Allemagne
Fontaine, Martine, Bruxelles
" Il est tellement futile de penser que supprimer la parole
aux gens les empêchent de penser. Jamais, jamais la pensée juste
ne s'éteindra, ni l'être humain ne s'arrêtera de grandir
dans son âme, n'en déplaise à certains..."
Fontenoy, Frédéric, photographe, Paris
François Alain, Philosophe, écrivain, Professeur à l'Ecole
de Recherche Graphique (ERG)
" Par la présente, je désire témoigner
du vif intérêt que j'éprouve pour «l'autre site»,
plus particulièrement pour la démarche originale à plus
d'un titre que «l'autre site» a mise en oeuvre pour défendre,
dans cette approche poético-politique qui est la sienne, des valeurs
auxquelles tout démocrate de ce nom devrait être profondément
attaché.
En conséquence, je désire faire partie du comité d'appui
à «l'autre site», destiné à assurer la viabilité
de ce projet unique en son genre. Il serait difficilement
compréhensible que les autorités politiques de ce pays ne se sentent
pas concernées par l'existence d'un tel projet, en ne lui permettant
pas de continuer à se développer. Ce faisant, elles porteraient
en outre atteinte à la diversité d'expression politique et culturelle
qui constituent le fondement même de notre société démocratique.
En vous assurant de ma plus profonde sympathie et
dans l'espoir que votre démarche débouche sur les résultats
escomptés, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l'expression
de ma parfaite considération."
Gandibleu, Marianne, Courcelles
Garnier, Gilles , Conseillé général (PCF) d'Ile-de-France,
ancien directeur de cabinet de la Ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-Georges
Buffet.
Gheude, Michel, écrivain, Bruxelles
Ghuisoland, Marc, Photographe, Frameries
Godart, Catherine, infographiste, Bruxelles
"lautresite point comme ON voudra" ils disaient. Il semblerait
qu’ON n’en veut pas. ON a peur ? ON ne veut pas savoir ? Le mONde
n’en cessera pas de tourner, non. Mais bon, ON est un cON. Il n’y
a pourtant qu’une arme contre la cONnerie, vous qui fréquentez
lautresite le savez. Celle-là est faite de curiosité, d’intégrité,
d’honnêteté, de recherche, d’assiduité, de courage,
de créativité, d’échanges, de patience, ... Pas de
place ici pour facilité, simplisme et démagogie. Apparemment pas
de place non plus pour financement public (?).Pas de démocratie pourtant
sans culture. À l’heure où le service public défaille,
où le travail (rémunéré) manque et le temps libre
augmente, urgence pour que les espaces et réseaux de savoir (intelligent)
fleurissent, afin que les bibliothèques ne brûlent... Ne brûlez
pas lautresite, vous brûlez un peu de démocratie".
Grombeer, Philippe, directeur du théâtre de l'Escalier des Doms,
Avignon
Guyaux, Olivier, Bruxelles
Haarscher, Guy, professeur de philosophie politique et juridique, ULB, Bruxelles
Hammiche, Samir, administrateur réseau, Paris
Huberlant, Renaud, porte-parole du comité de quartier «Le Maritime»,Bruxelles
et animateur du l'atelier de graphisme culturel et social SALUT
PUBLIC
"Parce que la résistance poétique, de tous temps, est la
seule à offrir unespace à l'imagination et donc au changement
véritable des pratiques politiques et parce que le "glocal"
est une pensée active pour le développement local des quartiers
à forte précarité, il est plus que légitime –
il est nécessaire – que les pouvoirs publics soutiennent l'initiative
salutaire de l'AUTRE SITE."
Hubinon, Michèle, Monteuse, Bruxelles
Isaacs, Adriana, Bruxelles
Isla Villar Pablo, anthropologue, Bruxelles
Jacqmin, Jean-Pierre, journaliste, RTBF, Bruxelles
Jaquemain, Marc, chef de travaux, chargé de cours adjoint, département
des sciences université de Liège.
Jocquet, Michel, fonctionnaire, professeur, Bruxelles
Kotek, Joël, professeur à l'ULB, directeur de la Formation au Centre
de Documentation Juive Contemporaine - Mémorial de la Shoah, Paris
Kübler, Thierry, réalisateur, Paris
"Et voilà que l'on menace l'un de mes refuges préférés,
un petit bout d'Utopia planqué sur la Toile... Merdre, merdre, merdre..."
Lador, Yves, conseiller auprès du CIFEDHOP, Genève
Laci, Zenel, Scènographe, metteur en scène, Bruxelles
La Grange, Christine, dentiste LSD, Ramillies.
Leclère, Thierry, grand reporter à Télérama, Paris
Lemaire, Myriam
Lemahieu, Thomas, Périphérie.org, Paris
Leroy, Jean-Luc, Bruxelles
" A Bridge surely means more than only an act of building.
Above all it is a Way and, often, The way to the Civilization. Maybe not the
only one but still too often, for too many of us, the only affordable and possible
Path to a fulfilling sense of Life."
Levrat, Nicolas, juriste, professeur à l'ULB et à l'Université
de Genève
Lukomsky, Xavier, metteur en scène, Bruxelles
Meirieu Philippe, Directeur de l'IUFM (institut Universitaire de Formation des
Maîtres) de Lyon et ancien directeur de l'INRP (Institut National de la
Recherche Pédagogique), Lyon
Mendes France, Tristan, écrivain, réalisateur, Paris
Missistrano, Sabine, présidente de Sifra, association pour le micro-crédit,
ancienne présidente de la section francophone belge de la Ligue des Droits
de l'homme, Bruxelles
"Je voudrais dire ici combien la mort d'un tel lieu scellerait
pour moi, un peu plus, la fin d'un temps. Les mots, usés jusqu'à
la corde, ceux des Lumières, ne sont plus que prétexte à
des poses cyniques destinées à faire glisser, même les plus
résistants, dans une léthargie de plus en plus profonde".
Voir le texte complet plus bas.
Molez, Stéphanie, comédienne, Paris
Morgan Marc, auteur-compositeur-interprète et graphsite, professeur à
l'École de Recherche Graphique, Bruxelles
"Un ilot alternatif sur le web pour une cause utile, citoyenne
etadmirable...
Et une nouvelle vision du mot "poésie": ça m'intéresse
!"
Nalpas, Dominique, coordinateur des Parcours citoyens, Bruxelles
Nahoum-Grappe, Véronique, anthropologue, chercheur à 'Ecole des
Hautes Études en Sciences sociales, chroniqueuse à France Culture,
Paris
Pennec, Jean-Pierre, Bruxelles
Peraya, Daniel, Maître d'enseignement et de recherche, Faculté
de psychologie et des sciences de l'éducation, Université de Genève
Pichon, Lionel, administrateur de la Fondation 93, Montreuil
Pierre, Alain, compositeur, Bruxelles
"Je suis d'autant plus indigné que LAUTRESITE me sert
dans le cadre d'exemples précis pour mes étudiants du CETEDI à
l'Université de Louvain-La-Neuve, en Communication Sociale, afin qu'ils
puissent découvrir une orientation des plus rigoureuses quant à
l'état de l'information, et avec en plus un choix très élaboré
d'interprétation de la forme."
Pirotte, Gautier, chercheur au Pôle Liégeois d'Etudes sur les Sociétés
urbaines en Développement, Université de Liège
"Il faut savoir se pencher à d'autres fenêtres.
Les laisser grand'ouverte pour faire passer l'air frais."
Postel-Vinay, Olivier, journaliste, Paris
Poupinel, Frédéric, étudiant, La Hulpe
Quinet, Patrick P., directeur de la communication au ministère de la
Communauté française de Belgique, Bruxelles
"Mettons nos repos en péril, inventons quelques pages
électroniques distinctes de la masse bavasse et délétère,
haranguons nos édiles, colmatons les percées du commerce qui atteint
jusqu’à nos neurones et passons à autre chose : lautresite.dujour".
Rey, Jean-Jacques, Tonnay-Charente
Que vois-je ? Des frères et des soeurs en idéal ! ... Adelante
! Rossinante ! Me voilà, j'arrive, flamberge au vent !
Plus sérieusement : "il n'y a rien de plus dangereux, que ces intellectuels
déclassés qui n'ont pas la situation qu'ils méritent...",
(ainsi parlent les gros pontes, toujours soucieux de maintenir leur suprématie)
; alors vive la liberté de penser, signé un poète et penseur
Raindorf, Jean-Michel, Bruxelles
"Je supporte le Sporting d'Anderlecht depuis 39 ans, je supporte
le développement du rable des lièvres depuis quelques siècles,
et today je va commencer à supporter Lautresite, un machin politique
qui a l'air d'être vaguement autre ... Je vous dis : au minimoum, à
bientôt ... "
Renault, Monique, historienne de l'art, Bruxelles
Rigaud, Christian, réalisateur, Paris
Rodriguez, Dominique, Bruxelles
Roumieux, Stéphane, Adhoc solutions, Louvain la Neuve
Saur, Léon, historien, Fléron
Sevrin, Etienne, journaliste, RTBF, Bruxelles
Soumeryn-Schmit, Olivier, collaborateur au cabinet du ministre de l'enfance,
Bruxelles
Stassart, Claude, design graphique et typographie, Ensav La Cambre, Bruxelles
Stengers, Isabelle, philosophe, Université Libre de Bruxelles
Stéphane, Robert, Président du Bureau Européen du Cinéma
et de la Télévision, Liège
Stoops, Lotte, Borgerhout
"Van lautresite blijf je meer wakker dan een gazet waarmee
ze je ('s middags) rond de oren slaan. Com, com, het zal wel niet zo erg zijn...alles
comt en gaat. Heeft lautresite wel ooit bestaan? W.H.D.N.G. La disparition de
Lautresite est un risque. Est-ce que les Flamands comprendraient encore le surplus
de nos amis francophones? Le début du fin, moc, moc..."
Thomisse, David, webmaster, Bruxelles
Uyttersprot, Bruno, photographe, Bruxelles
Vandamme, Régine, Belgique
Van der Smissen, Partricia, avocate, Bruxelles
Vander Taelen, Lucas, directeur général Vlaams Audiovisueel Fonds,
Brussel
Van Hecke, Michel, citoyen chômeur, Fléron
Van Hove, Bart
Verheyleweghen, Serge, Photographe, professeur à l'ERG, Bruxelles
Viron, Daniel, chargé de projets à la Fondation 93, Montreuil
Vossen, Dominique, ethnopsychiatre, Bruxelles
Vranckx, Willy
Waysand, Georges, chercheur, professeur, Jussieu, Paris
Yzac, Adeline, écrivaine, Montpellier
"Poésie, se livrer, être livre, maintenant,
demain, toujours".
Zaccaï-Reyners, Nathalie, chercheur FNRS ULB, Bruxelles
Vos contributions parvenues au 28 juillet.
De Sabine Missistrano
Peut-être ai-je toujours su qu'il faudrait un jour se mobiliser pour cet
"objet volant mal identifié". L'heure est venue.
L'excellence est rigoureuse, difficile, rébarbative parfois.
Son intransigeance de forme et de fond rejette toute facilité. C'est
que son propos requiert l'exigence et la gravité : il y va toujours de
la vie ou de la mort d'une certaine idée de la culture.
Ici la beauté formelle n'est pas gratuite : elle entend servir à convaincre de l'urgence qu'il y a à sauver les valeurs qui depuis un siècle se désagrègent sous nos yeux aveuglés par le rêve un jour rêvé d'une inaccessible étoile.
De la chute des vieux empires à celle des totalitarismes inventés en ces temps nouveaux et glorieux, des guerres et des dictatures sanglantes aux répressions sournoises et larvées engendrant souffrance et révolte, LAUTRESITE tente de nous amener à une humanité vierge, nouvelle, hors de saison.
Je voudrais dire ici combien la mort d'un tel lieu scellerait pour moi, un peu plus, la fin d'un temps. Les mots, usés jusqu'à la corde, ceux des Lumières, ne sont plus que prétexte à des poses cyniques destinées à faire glisser, même les plus résistants, dans une léthargie de plus en plus profonde.
Il reste quelques esprits éveillés qui voient et veulent témoigner de l'inanité des belles paroles, du poids de l'histoire et des hypocrisies et réminiscences ambiantes. Leur lucidité est indispensable. Les professeurs, en mal d'imagination quant à leur fonction, pourraient fort utilement ouvrir les ordinateurs qui sont là, à disposition, et trouver dans ce site, matière à pédagogie. A son plus haut niveau, l'apprentissage d'une citoyenneté peut se faire là, sur ce site, riche en thèmes de réflexion, de conscience, de mémoire et par là même du souffle de la liberté.
Si les Ligues des Droits de l'Homme, les Amnesty International, les Mrax et autres Human Rights Watch ont un sens auquel nous nous accrochons désespérément, LAUTRESITE complète par sa poésie poétique leur approche formelle et rigoriste.
Je souhaite que ce témoignage, cet appui chaleureux, fraternel et admiratif
aux personnes qui le conçoivent et le réalisent chaque jour, rende
plus évident le travail indispensable qui s'accomplit ici pour chacun
d'entre nous.
Quant à son esprit, ce travail est ancien, son utilité est déjà
capitale pour des centaines d'humains qu'il a touché, ici et ailleurs.
Quant à son véhicule d'expression, l'Internet, il est actuel et
sa modernité devrait être l'objet d'une réflexion pour des
usages nouveaux à partir d'une fierté partagée.
Ne pas le savoir, ne pas le comprendre, ne pas le reconnaître en lui permettant de trouver au sein de notre société la place qui lui revient serait un manquement grave à ce que d'aucuns proclament : "leur soutien indéfectible aux Droits de l'Homme et à la Démocratie". Le Tout avec des Majuscules, bien entendu…..
Je veux ici faire confiance, au-delà du cynisme qui enrobe ce jour tout acte et toute parole, à la part d'intelligence et de sincérité vivante qui sommeille et qui n'ignore pas les dérives tragiques que nous craignons tous.
Et pourquoi pas organiser une Table Ronde avec des enseignants (de morale,
d'histoire, de langue française aussi car on ne souligne pas assez le
poids des mots et de leur agencement) sur l'utilisation en Communauté
Française de Belgique de ce site exceptionnel.
De Pierre-A de Crane
Bonjour,
Passager attentif de lautresite depuis son lancement, il me parait d'évidence
vitale que son existence fasse beaucoup plus que se poursuivre.
L'accès à la vie quotidienne qu'offre cette revue de "poésie
politique" relève de l'hygiène et de la salubrité
publique.
En ces temps d'interludes électorales où nos éminences
jouent à la chaise musicale avec la démocratie, il est indispensable
que des veilleurs tels que lautresite nous rappellent au désordre.
De Alain Barnich
En tant que Centrale Jeunes FGTB Luxembourg, forte d’environ 6000 membres
âgés entre 12 et 35 ans nous vous soutenons dans cette démarche
de survie.
Survie d’un mode de pensée, libre de tout dogme, une pierre à
l’édifice d’un monde meilleur.
Poésie politique, songe d’une nuit d’été, rêve
de liberté, liberté bafouée si ce site disparaissait.
Le terme est fort, oui mais la liberté d’expression et la liberté
culturelle sont 2 choses plus fortes encore.
Découvrir le monde dans son intimité, dans ses cultures, ses traditions,
n’est-ce pas le premier pas à faire contre toute forme de ségrégation.
Parler et en parler nous fera sans cesse penser à ces phrases de Kipling
« Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve devenir ton maître,
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant »
Tu seras un homme, mon fils.
Si notre société se débarrasse de ses libres penseurs,
qu’est ce qui pourrait encore la préserver de ses superviseurs
ou tireurs d’élite.
Nous pourrions aisément en appeler à un vieux geste camarade modernisable.
Debout les damnés de la terre, debout les forçats de la faim
à vos mails et assourdissez les affameurs.
De Tristan Mendes France
" A l'heure où les crises internationales refaçonnent le
monde, il est
primordial qu'un site comme celui-ci, véritable laboratoire d'idées,
de
concepts, carrefour de connaissance, puisse subsister. Plus que jamais,
alors que l'obscurantisme se répand, un lieu de liberté,
d'expérimentations, doit pouvoir exister et tracer d'autres chemins.
Ce lieu est celui de Lautresite que tous citoyens engagés devraient
défendre."
De Fanny Bellahsène
Je suis Algérienne et je réside en France depuis quinze ans. Lautresite
reste pour moi la possibilité d'un échange avec cet autre, étranger,
européen. Fous rires, silences, coups de gueule, échange donc.
J'ai trouvé dans cet espace la possibilité d'une petite pause
où l'on se raconte, "nomme", réfléchit ENSEMBLE,
où l'on se livre parfois. Et, dans cet anonymat particulier à
cette grande métropole dans laquelle je vis, j'ai pu donner un point
de vue, participer à un débat politique qui me concerne ou du
moins pour lequel, j'ai pu ici, me sentir concernée. Après quinze
ans, je n'ai pu trouver, ici, là où je vis, d'espace qui m'ait
donné la parole.
Illusion que tout cela ? Mais l'illusion n'est-ce pas là l'essence même
de ce qui nous fait vivre ensemble, avancer ?
Merci donc à Lautresite de m'avoir donné la parole et de m'avoir
fait rencontrer un ensemble de poètes. Tous baignés d'un réalisme
aigu si tant est que cela est possible et ça l'est.
Pour ma part, dans ce quotidien que je vis, je n'aurai pas pu les rencontrer.
Surtout restez là, ça me rassure car vous me tenez en éveil,
en vie quoi !
De Patrick Quinet
Il est une aire de repos sur les autoroutes de l’information, où
les services disponibles, l’esprit dans lequel ils sont rendus et les
prix pratiqués méritent la halte; où le repos est le seul
escompte et l’itinéraire à venir dynamisé.
Lautresite.com est cette aire.
Je l’emprunte quotidiennement, parfois halte brève, le temps d’y
lire une prose rafraîchissante comme une boisson énergisante, parfois
halte longue, le temps d’explorer tel recoin, de relire telle tranche
d’histoire.
Parfois, aussi, je m’arrêterais entièrement comme rendu au
bout de ma route.
Pourtant je repars à chaque fois.
J’y ai mes habitudes parce que j’aime y distinguer ce qui fait,
pour moi, sens et abondance de sens. De la vente Breton (la rente béton)
aux us anversois, de l’osage orange à ces carnets retrouvés
depuis lesquels une âme perdue nous a narré son petit calvaire;
et le nôtre à ce souvenir.
J’y ai mes habitudes parce que je m’y sens invité. Ce qui,
à l’aune du commerce électronique et des transactions virtuelles
vous a un côté épicerie de quartier dans laquelle il est
plus question de quartier et d’âmes que d’épicerie
et d’arrhes.
Son coin bibliothèque publique, son iconographie : une aire de vrai repos.
Avec une prétention à la compétence universelle qui nous
est chère, Belges que nous sommes en attendant d’être européens.
Ou incompétents.
Ce repos, je l’apprends, est menacé.
Comme si tous nos repos ne l’étaient pas !
Tendons nos arcs qui hier s’appelaient solidarité.
Lançons nos lignes dans les eaux troubles de la pensée unifiée.
Qui sait ? Fourbissons l’arme de nos intelligences, oui, souvenons-nous,
cette fonction qui permettait de relier les choses entre elles. Cette fonction
que les nouveaux modèles promis aux marchés de l’humanité
semblent privilégier moins que ce bon vieux struggle for life qui refait
surface.
Mettons nos repos en péril, inventons quelques pages électroniques distinctes de la masse bavasse et délétère, haranguons nos édiles, colmatons les percées du commerce qui atteint jusqu’à nos neurones et passons à autre chose : lautresite.dujour
P.Quinet, lecteur, contributeur, associé et directeur de la communication
au ministère de la communauté française de Belgique.
De Rosette de Stefano
Nous ne pouvons accepter que les pouvoirs, de plus en plus, ne tiennent plus
compte des expériences alternatives indispensables à la liberté
d'expression.... Depuis quinze années Causes Communes se bat pour son
existence, que font nos responsables politique face aux jeunes qui s'engagent
dans des projets....Création d'emplois crient-ils : telle est leur
préoccupation principale nous disent-ils. Ne faut-il pas tout d'abord
sauvegarder ceux existants et qui de plus on fait leurs preuves ? Nous ne pouvons
accepter que d'autres formes de création digne d'intérêt
ne soient étouffées ....
Rosette de Stefano, Sculpteur
De Jean-Luc Leroy
" A Bridge surely means more than only an act of building. Above
all it is a Way and, often, The way to the Civilization. Maybe not the only
one but still too often, for too many of us, the only affordable and possible
Path to a fulfilling sense of Life.
First of all this human bridge can link the Men and the Minds together. Therefore
it will always remain our best ability to make us discover the rest of the World
but also to let it come to us. "
Sir Alistair Mc Elroy 11th Chief of Clanchattan "Building Roy Bridge"
1728 (1)
"Un Pont signifie certainement beaucoup plus qu'une simple construction.
Par-dessus tout, c'est un Chemin (une voie) et souvent LE chemin vers la Civilisation.
Peut-être pas le seul mais toujours trop souvent, pour trop d'entre nous,
le seul Chemin possible et supportable vers une Vie épanouissante. Avant
tout, ce pont humain peut (re)lier les Hommes et les Esprits. Par conséquent,
il restera toujours notre meilleure capacité (aptitude) à nous
faire découvrir le reste du Monde mais aussi à le laisser venir
à nous." (1)
Pour moi, lautresite est aussi un "pont", un "sentier",
un "chemin de traverse". Lautresite m'apporte du sens, enfin un certain
sens de tout et de rien, que je ne (re)trouve pas ou plus ailleurs. Comme mon
lointain ancêtre, il m'importe de pouvoir découvrir et m'ouvrir
au monde; de pouvoir sortir des sentiers battus ou balisés en sens "inique"
par d'autres qui veulent encore et toujours tout contingenter. J'ai trouvé
un peu, beaucoup, à la folie... de ce que je cherch(ais)e dans ou grâce
à Lautresite. J'y ai surtout mieux appris ce qui fait lien entre citoyens,
le partage des savoirs, surtout ceux qu'on ne sait pas ou qu'on ne souhaite
pas qu'on sache ou qu'on se rappelle. J'y ai trouvé la forme virtuelle
de ce que nous sommes nombreux à rêver : une expression réelle
de la "poésie politique". J'en remercie lautresite et son équipe.
Il serait vraiment moche, mesquin et stupide de la part d'autres dragons de
vouloir crucifier vivant lautresite sur l'écran des machines... lautresite
a encore beaucoup à apporter à ceux qui ne se contentent pas des
œillères qu'on leur inflige.
Jean-Luc Leroy
(1) Ce texte est un extrait de la retranscription de son discours au Conseil
des Clans locaux (Highlands) plaidant en faveur de la construction d'un pont
près de Loch Roy. Ce fut un des premiers et donc des plus anciens ponts
en pierre de la région (toujours vaillant aujourd'hui) permettant aux
habitants locaux de sortir de leur isolement. La ville la plus proche se trouvant
à plus de 30 km, Roy Bridge (c'est devenu le nom du village), avant ce
pont, restait isolé tant au Nord-Est (chaîne de montagnes) qu'au
Sud-Ouest (succession de lochs et de rivières, peu navigables). Ces Highlanders
étaient très pauvres mais paradoxalement, pour l'époque
et le lieu, pas illettrés. Alistair, vieux chef de clan respecté
(sans pouvoir local car petit seigneur même pas noble et pauvre) avait
été envoyé par son père chez les moines qui lui
avaient enseigné à lire et à écrire, voire même
à calligraphier. Pendant près de 45 ans, il a volontairement improvisé
et joué le rôle de l'instituteur local, transmettant ce qu'il avait
appris et surtout la découverte de la lecture et des livres... qui restaient
très rares et difficiles à se procurer. Alistair a courageusement
conduit son clan à la bataille de Culloden, véritable boucherie
qui mit un terme pour longtemps à l'indépendance de l'Ecosse,
à sa culture et ses coutumes. Blessé à la fin du combat,
il fut crucifié vivant sur la porte d'une grange par des dragons anglais
afin de servir "d'exemple"...
De Thierry Kubler
J'ai rencontré Éric et Paul, en Slovénie, dans un camp
de réfugiés qui rassemblait pas mal de nationalités de
ce que l'on commençait à appeler ''l'ex-Yougoslavie". Toutes
les ONG apportaient des barres chocolatées et du lait vitaminé
aux réfugiés, eux leur donnait les moyens de monter une télévision
pour prendre en main leur information. Ça donne une petite idée
de qui sont ces deux-là. Avant, ils avaient agrégé suffisamment
de grains de sable (4000 grains de sable, 4000 communes européennes)
pour enrayer l'opération de "systématisation" des villages
roumains du triste sire Ceausescu. Après, ils ont monté des "ambassades
de la démocratie locales" en "ex-Yougoslavie". Et une
radio bilingue, et, évidemment, j'en passe.
Puis, en 2001, ils ont lancé une "revue de poésie politique"
sur Internet, un petit bout de Toile baptisé lautresite.com. Un bout
de toile où souffle un vent qui me porte toujours dans de salutaires
ailleurs. Un lieu où ma conscience s'est toujours pris de beaux électrochocs
: avec une vidéo, trois vers fulgurants, des photos au relief d'émotion,
lautresite te raconte l'histoire du fil de fer barbelé. Quelle drôle
d'idée ! Il t'emmène dans l'Ouest américain et tu comprends
ce que cela a à voir avec la propriété et le capitalisme,
avant qu'il ne t'emmène découvrir la préfiguration des
camps de la mort. Vers 1700, un sacré moine, le Père Leibniz inventait
le concept de "monade" : de petits morceaux de monde qui contiennent
le monde entier - comme si chacune des milliards de gouttes d'eau d'un lac exprimait
tout ce qu'est le lac. Tout cela pour dire que c'est plein de monades, lautresite.
Le fil de fer barbelé, ce n'est qu'un exemple : il faut aussi évoquer
l'Observatoire de veille sur les populismes en Europe, les billets quotidiens,
les dialogues qui se tissent, la visite des lieux où se fabriqua l'Histoire
et leur mise en perspective photographique. Je fréquente ce site depuis
sa création et je n'ai pas fini de me perdre dans ses capharnaüms.
Et, la vache, lautresite m'instille à chaque visite une curiosité
que je n'avais pas. Le même plaisir que de flâner dans une encyclopédie.
Mais une encyclopédie avec des sons, des images animées. Surtout,
une encyclopédie qui t'attraperait du côté de l'émotion
pour t'amener à la réflexion. Cela s'appelle Internet quand Internet
est réussi : avec lautresite, je suis ballotté, captif et captivé,
dans un monde grand ouvert sur le monde.
Ça m'a bouffé de précieuses heures de sommeil ces surfs
hors du temps sur lautresite. Des fois, je m'interdis d'y aller, comme l'on
s'interdit de se coucher avec un polar passionnant quand on doit se lever tôt
et que l'on sait ne pas avoir le courage d'éteindre la lumière
avant de se réveiller endormi sur le livre. Parfois, je reste un bout
de temps sans y aller sur ce bout de Toile, mais je sais qu'il existe ; que
bientôt je pourrai m'y évader. C'est de l'ordre de l'hygiène
intellectuelle, de la salubrité émotionnelle.
Et que l'on me pardonne toute cette emphase, mais c'est Don Quichotte sur Internet
et voilà que de fameux "bailleurs de fonds" veulent supprimer
les quelques picotins qui nourrissaient, vaille que vaille, la mule et le bourrin.
Alors : non !
Des fois, des gens meurent; des fois, on y peut rien : ça s'appelle la
vie. Mais quand ce qu'il y a de détestable dans la vie (l'indifférence,
l'égoïsme, le cynisme - orchestré par l'argent et pour l'argent)
flingue à bout portant ce qui fait la vie (la curiosité, la sensibilité,
le désir de comprendre), ça appelle l'envie de gueuler et le devoir
de le faire.
De Christian Rigaud
Que dire de lautresite ? Qu'il m'est devenu en quelque sorte indispensable,
qu'il est très beau, qu'il est grave, qu'il est drôle, qu'il est
utile, qu'il est vif, qu'il est rare. Un nécessaire et salutaire esprit
critique sur la grande toile, un questionnement permanent, un refus d'acquiescer
sans penser, lautresite me surprend chaque jour, car la pensée n'y est
pas enfermée, labellisée, étiquetée.
Ici, pas de mots d'ordre, de pose, de posture, mais un regard aigu et toujours
vivant. Un regard curieux, chaque jour recommencé sur le monde et sur
nous-mêmes. Loin du cynisme, un sentier ouvert, original, qui découvre
des perspectives, puis d'autres, puis d'autres. Humaines, profondément
humaines, toujours. Mais sans se prendre au sérieux, jamais.
Non, je ne veux pas qu'il disparaisse, et je veux longtemps, longtemps m'amuser
de son .com.
Christian Rigaud, Réalisateur, Paris.
De Michel Van Hecke
Longtemps, longtemps, longtemps après que la poésie politique
ait disparu.
16 janvier 2008
Mes mains se remettent à trembler. J’ai beau repasser une fois
de plus, le CD Rom de lautresite (j’en connais le contenu par cœur
de l’origine à ce jour funeste de septembre 2003), rien n’y
fait. Le manque se fait sentir de manière de plus en plus aiguë.
18 janvier 2008
Je ne dors plus que par à-coups. Mon corps est en sueur. Mes mains tremblent
sans arrêt.
21 janvier 2008
Le médecin que j’ai consulté a diagnostiqué une dépendance
profonde à la liberté de pensée. Il me suggère de
partir à la recherche de sites ressemblant à lautresite pour pallier
l’effet de manque.
21 janvier 2008, 22 heures
J’ai surfé comme un fou et n’ai trouvé que des images
de pipes (pas celle de Magritte ni de Simenon) ou des vagins en manque de monologues.
En sus, marre de ce leitmotiv : qui apparaît sur chaque page : «
Si vous désirez pénétrer ce site plus profondément,
insérez votre carte d’identité dans l’ordinateur,
vous serez débité automatiquement sur votre compte bancaire globalisé
».
Demain, j’essaierai la France.
22 janvier 2008, 7 heures
Malgré les antidépresseurs, mes mains continuent leur danse de
Saint-Guy. Les suées sont désormais permanentes. Il faut absolument
que je trouve.
22 janvier 2008, 19 heures
Comme un con, j’ai cherché les sites de « Libération
» et « Le Monde » mais, depuis que Sarko est président,
seuls deux quotidiens sont autorisés : le « Journal officiel »
et « France d’en haut ». Dans l’Hexagone, désormais,
on élève le haut et on enlève le débat. Toute pensée
unique est forcément une pensée inique mais qui s'en soucie encore
?
24 janvier 2008
Je suis à bout. J’ai fait tous les sites de la planète et
n’ai rien trouvé qui ressemble de près ou de loin à
lautresite (mais alors rien de chez rien).
25 janvier 2008
Depuis que les coalisés Vlaams Blok du gouvernement V3 ont interdit toute
édition, diffusion ou propagation des chansons de Brel, seuls les intoxiqués
libertaires profonds – comme moi - peuvent obtenir une dérogation
d’écoute sur avis médical.
Je l’ai obtenue non sans mal !
Pour calmer ma tremblote je savoure son « Jaurès » et là,
en songeant à certains irresponsables politiques de l’époque,
une question lancinante s’impose à moi...
Pourquoi ont-ils tué lautresite ?
Michel Van Hecke, Citoyen chômeur, Fléron