Lautresite, le jour, 25 juillet 03

 



Nous avions l’anglais en commun, des études d’histoire, un attachement à la symbolique, c’est-à-dire ce qui fait sens commun au sein d’une société et une curiosité que chacun alimentait.
Quand je lui ai demandé ce que quelqu’un de sa compétence faisait à Osijek —dont l’économie était à terre— il m’a dit de regarder par la fenêtre du bureau. Celui-ci, au bord de la Drava, faisait face à la Baranja. "J’ai hérité de deux cents noyers là en face, j’aimerais les cueillir".

Nous avons fait cause commune.
Il a investi, depuis, le champ politique national et est élu député à la Chambre. Son parti est — c’est aussi simple que tantôt — le Parti croate de Slavonie-Baranja. Son credo est régional/local et européen. Il attend 2007. Il faudra que nous nous en inquiétions.
Je ne lui ai trouvé aucun des défauts habituels de sa fonction. Il laisse passer les piétons, se gare hors des clous et des trottoirs et ne boit qu’une boisson américaine. Nous marchons dans Osijek. Il fait étouffant. Les bords de Drava jouent les ventilateurs en panne.
Damir a hâte. « Nous serons dans l’Union avant les Suisses et paierons en euros avant les Anglais ». Yes, Damir. Il reste à en informer l’épicier danois, le fonctionnaire espagnol et le garagiste allemand.

Si vous lisez ces lignes et connaissez un de ces trois-là, merci de lui transmettre ceci.