Lautresite, le jour, 25 juillet 03



Après les discours, les musiciens jouèrent l’hymne européen. Dans cette mairie française, Beethoven symbolisait la réconciliation.

Au premier étage de la salle des fêtes, s’inaugurait ce jour-là le Musée de la guerre à Loos. Ici des grenades, là une balle traversée par une balle ennemie. Ici des casques de toutes nationalités, là des fusils. La troisième balle n’est pas encore complètement engagée dans le canon d’un Lebel : le soldat est mort avant. Les baïonnettes sont belles mais les soldats ne les aimaient pas, elles restaient coincées entre les côtes de l’adversaire. Un coup de pelle était plus efficace. Des hommes réduits à se tuer à coup de pelle dans des réduits de boue, voilà l’infanterie, qui, son nom le dit, réunit ceux qui vont comme les enfants, sans équipement. Les photos de la bataille du 15 août 1917 sont extraordinaires de netteté. Quatre cents mètres à découvert avant les barbelés, sous le feu des mitrailleuses qui fauchaient les hommes par centaines. Les soldats allemands y avaient été enchaînés par leurs officiers. La cote est tombée. Ceux qui montaient à l’assaut recevaient des flasques de gin ou de whisky. Le papier à cigarettes était offert par l’Etat aux “armées de la République”. Dans une vitrine, le stylo Waterman orange et noir. Le musée porte le nom d’Alexandre Villedieu.