Lautresite, le jour, 25 juillet 03



Le 8 octobre 1915, ils bombardèrent les dépôts de munitions. Le zouave Villedieu sauta avec celui qu'il gardait. Porté disparu, il fut déclaré mort en 1921.

Les enfants et petits enfants des soldats disparus à Loos finissent par y venir un jour. Duparcq les accueille, leur raconte la bataille, les rues et les maisons prises et reprises une à une, les tranchées, les soldats empoisonnés par leurs propres gaz quand le vent avait tourné. Le soir, il leur offre un des innombrables fusils retrouvés dans la terre et ils repartent, heureux de garder cette relique à défaut d’une tombe où honorer leur père. Mais il n’y avait pas de petits-enfants pour recevoir le stylo d’Alexandre Villedieu, mort célibataire et sans descendance. Tout semblait dit.

Ce 11 novembre, autour du monument aux morts de Loos, flottaient les drapeaux français, anglais, canadien, mais aussi allemand et européen. Les pompiers et les gardiens de la paix étaient au garde-à-vous sous la pluie glacée tandis que la fanfare jouait successivement les sonneries aux morts française, anglaise et allemande. Il y eut les gerbes de fleurs et la minute de silence, puis deux cents colombes s’élancèrent contre le vent, ivres de retrouver le ciel et la liberté, tournant sans cesse au-dessus des cerisiers de la place, pendant que les cornemuses écossaises accueillaient le cortège dans la mairie. Détruite pendant la guerre, comme presque toutes les maisons de Loos, elle ne fut reconstruite qu’en 1928, une plaque en témoigne dans la salle du Conseil.