Lautresite, le jour, 24 juillet 03

 


Ils sont dans le même bâtiment (c’est leur bâtiment où je loue un bureau, mes propriétaires en quelque sorte !).

Je monte chez eux, fais mon laïus et bois mon café, mon eau, mon schnaps.
Mon exposé ne convainc que Nadia, qui était leur employée. Elle repasse au bureau et me demande si je n’ai pas besoin d’aide. Je lui explique ce que je cherche et elle me dit pouvoir le faire. Je lui signale qu’elle est employée du Conglomérat et elle me demande dix minutes. Elle disparaît, revient après avoir démissionné.

Il y a des CV qui frappent. Nous collaborons et c’est un plaisir. Son mari, pédiatre sans hôpital, son fils de quatre ans, son ascendance croate mais de Serbie, sa quête d’État de droit, son désir de réussite.

Nous nous sommes vus, en Hongrie, pendant deux ans à raison de tous les 45 jours en moyenne. L’ADL de Subotica existait, mais aucun visa n’était délivré à quelqu’un d’étranger sauf quelques pacifistes obstinés. Ce que je respecte même si l’obstination, parfois, peut entraîner la complaisance.
Nous élaborions les programmes dans un hall d’hôtel. Elle faisait le plein d’objets usuels introuvables ou hors prix chez elle et reprenait le train Szeged-Subotica. Cela n’avait que l’inconfort du réel mais gagnait en symbolique. Nous opérions, Kasza y veillait, sur le territoire d’un pays non-membre du Conseil de l’Europe. La Yougoslavie ayant été "suspendue" jusqu’à récemment.
Nadia, aujourd’hui, travaille à la Mission du Conseil à Belgrade. Elle prend goût au Bidule, a fait un speech parfaitement correct et a changé ses lentilles. Ce que c’est que le regard sur les mots que l’on pose.
Elle s’excuse de ne pouvoir rester parmi les invités et disparaît.


Mais, oui, le return. Vous savez.