Lautresite, le jour, 24 juillet 03

 


Question de moyens, bien sûr. Mais les moyens ne sont rien sans les voies. Des budgets, tout au plus.

Notre attachement reste à l’ancienne appellation parce qu’elle permettait, sur place, d’ouvrir un espace imaginaire. Et que, quand c’est la guerre, l’imaginaire aussi est abattu. Et que, oui, certains sont venus, au début, mais encore en 97, demander un "visa" dans mon bureau et ils ont eu un café, vingt minutes de discussion et une tape dans le dos et j’ai reçu en échange des yeux plissés, de petites tranches de bonheur simple. La tartine ne tombe pas nécessairement du côté beurré. Quand la guerre est revenue en Europe nous avons considéré que le devoir des Européens était de réagir. Nous avons donc proposé le dispositif des ADL. Mais nous avons également extradé des Bosniaques, soutenu les médias "libres" dans l’espace yougoslave (B92 à Belgrade — devenu un Canal+ d’amplitude de 0,7 sur l’échelle médiatique —, Bumerang à Osijek dont le rédac'chef a intégré le quotidien régional lors de la victoire sociale-démocrate aux élections croates, d’autres en Bosnie), créé la télévision des réfugiés, une espèce d’Euronews sans la météo. Juste la petite chanson de la vie. Et d’autres méfaits ou haut faits.

Le tout sans arrière-pensée politique selon les clivages disponibles sur le marché. Ni anarchistes, ni monarchistes.

C’est ce qui a permis le ralliement de communes un peu partout en Europe. L’idée d’ambassade. Des représentations locales de bouquets de communes et associations, mobilisées, disponibles, informées. Pas d’extraterritorialité, surtout. Son contraire. L’intraterritorialité qui rejoint les balbutiements du droit d’ingérence et croise la quête de sens que chacun éprouve dans sa vie.