Lautresite, le jour, 24 juillet 03

 


Il est vice Premier Ministre de Serbie-Montenegro.
Son parti est entré en coalition avec l’actuelle majorité et il s’en retrouve ministre sans portefeuille mais vice-premier. Les connaisseurs de Bidule me comprennent.
Son parti est — c’est si simple, parfois, le complexe — le Parti des Hongrois de Serbie. Dans le contexte et à mon étalon, un parti communautaire sans visée indépendantiste et résistant aux appels de la droite nationaliste magyare qui, parfois, agitent Budapest.

Il parle du courage qu’il a fallu pour affronter le régime de Milosevic. Tout le sien, il l'attribue aux autres. Jusqu’à mentionner mon expulsion de fin 93. Frissons dans les tribunes, torticolis des visuels, yeux fermés pour les auditifs. Le machin qu’on aimerait que nos mères sachent. Ou nos enfants. Et pourquoi j’ai un soulier plus clair que l’autre ?

Des papiers remis au secrétariat de la Célébration il en est un qui propose une prise de parole en plénière. L’exercice, en ce lieu, est purement protocolaire et permet aux huiles anonymes perdues dans les travées de venir se présenter (et tout le bien qu’ils ont pensé du projet depuis le début d’ailleurs n’avons-nous pas pu en témoigner et je-me-moi et je-te-noie). J’hésite à transgresser ce rituel. Je ne le fais pas.
Ce que j’aurais dit tient à ceci :

Chers amis, prijateli,
Nous avons été réunis autour de l’idée des dix ans des agences par le Conseil de l’Europe mais je suis venu pour les dix ans des ambassades au nom de Causes Communes. Je vous prie de m’en excuser. Peut-être ce glissement-là a-t-il permis beaucoup de réalisations utiles des ADL sur les terrains où elles travaillent.