Lautresite, le jour, 24 juillet 03

 



Trianon, cet accord entre vainqueurs qui met fin à l’Empire austro-hongrois, aura, on le sait mais il faut le redire, laissé des frontières d’État traverser le potager des gens, des communautés. Ma tante est en Hongrie, ma cousine en Roumanie et moi, dans le "Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes". Cela ne s’invente pas. C’est l’Europe. Autant l’inventer mieux alors.

N’est-ce pas 87% des frontières nationales africaines qui furent décidées en Europe ? Si elle renonçait à cela, à cet héritage, peut-être l’Europe respirerait-elle l’air de ses mers intérieures plutôt que de verser des seaux d’eau sur des volcans.
Tant qu’il n’est question que de langue, après tout, les frontières sont inutiles à la Vie, demandez-le aux cigognes qui estivent partout ici. Mais dès qu’il s’agit d’Administration, les langues trouvent une hiérarchie définie par l’État. Et une Raison du même acabit.

L’acte de naissance de Kasza est donc en langue serbe, lui-même étant magyar de parler. C’est sa langue maternelle. Et la langue des mères est la voûte céleste des enfants.

Comme il n’est pas le seul magyar, la Yougoslavie de Tito, tentant de résoudre la question des nationalités yougoslaves, se dotera d’une Constitution qui fait place aux différentes nationalités peuplant son espace politique. Un Croate se sera toujours dit de nationalité croate bien que portant un passeport yougoslave. La solution titiste étant d’autoriser les expressions nationales au sein d’un même Etat.