Lautresite, le jour, 24 juillet 03

 


19 juillet 03
Si le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, je ne suis riche que d’avoir veillé toute la nuit, sponsorisé par le rythme binaire (stoemp-stoemp) de la disco voisine.

La route entre Palic et Subotica, 6 km, me prend les tripes. Il fait splendide. J’ai emmené avec moi les musiques que j’écoutais alors. Philip Catherine est, à jamais, sur la route entre Palic et Subotica. Le titre est « Les enfants ». Faites l’expérience un jour. En hiver, sous ces longitudes, le jour s’en va vers 15h30. Quand il est venu ! Palic-Subotica, un 15 novembre, Catherine dans « Les enfants ». Vous avalez la Ville.

L’hôtel de Ville de Subotica, un stade de foot avec douche en superficie au sol, monument de style "Sécession", c’est-à-dire ce que l’empire austro-hongrois a accouché de plus joyeux et qui reste jovial, abrite désormais au rez-de-chaussée un MacDo et la Société Générale. Beau partage du monde. Je ne doute pas des qualités bancaires et restauratrices de ces deux fleurons de l’économie et n’ai pas de regret à éprouver quant à ce qu’ils remplacent en ces lieux.

Reste, malgré tout, au plan du goût et de la bienséance quelques doutes dans mon esprit. Pas sûr que malgré sa bonne tête magyare, Bové émeuve la population de Voïvodine. Elle perçoit le Progrès comme nous l’avons perçu même si quelques-uns de nos parents ronchonnaient déjà comme je le fais. Aurait-on abrité un restaurant rapide au sein de la Bastille qu’elle ne fût peut-être pas tombée.

Le Maire de Subotica, en 1993, se nomme Joszef Kasza ou Josef Kasa, selon — eh oui ! — les interlocuteurs.