Lautresite, le jour, 23 juillet 03

 


18 juillet 2003
Hier je roulais. Ce ne fut pas Mayerling qui m’hébergea, ce fut la Wachau, cette sinuosité du Danube, 80 kilomètres avant Vienne qui donne à ce géant des airs de Meuse à Hastière.
Zimmer Frei. Gens heureux. J’ai résisté à la tisane maison que l’accorte patronne me proposait au petit déjeuner. Toutes plantes de son jardin.
Le café autrichien est toujours le même.
Je dois rouler, la pluie est là. Tant attendue, bénéfique, manifestement bienfaisante en cette Puszta hongroise qui se donne des airs de pampa brûlée.
Hongrie. Quittant, enfin, l’autoroute (bientôt Quimper-Istanbul), je me réjouis de mon souvenir de la facilité avec laquelle on se déplace dans les raccourcis que je prends pour couper aux nationales en étoile qui, toutes, vont ou viennent de Budapest. Les routes sont numérotées. Mais on comprend les numéros, leur logique, et la carte reste sur le siège vide. De toute façon, à nos yeux francophones, saisir les noms des villes et villages hongrois tient de la gymnastique oculaire et mentale incompatible avec la conduite automobile.
Szeged. La Tisza dort comme un ru au fond de son maigre lit. Vite, de l’eau !
Au fronton d’une zone commerciale, ce panneau électronique en bleu avec des étoiles jaunes, déclinant les jours, heures et secondes avant l’entrée de la Hongrie dans l’Union dite européenne.
J’offre ici aux péréciens – ou est-ce pérequiens ? – parmi vous le certificat de mon passage à Szeged en Magyarorszag 286 jours, 5 heures, 54 minutes et au moins 12 secondes avant son adhésion au Bidule. L’impatience, au moins commerciale, des nouveaux adhérents est diamétralement opposée à la connaissance, au moins citoyenne qu’en ont les pays anciennement adhérés.