Lautresite, le jour, 22 juillet 03

 


Les veilles de longue route, le sommeil m’évite. Boitsfort, Ring 0, E40, Liège (Salut Stella), Aachen, Köln (dont on voit la cathédrale depuis l’autoroute), le nœud de Frankfurt, le Main, Nürnberg (oui, le Procès), le pays du pantin de Carinthie, Linz, Melk (le monastère Rococo également visible de l’autoroute), Wien (sauf si on voulait, une fois dans sa vie, dormir à Mayerling), puis ce changement en continuant vers l’Est, de nature, de géologie, d’habitat, d’urbanisme : tout se transforme. Laissant l’aéroport de Vienne à votre droite, vous entrez dans la plaine, la grande plaine centre européenne. Ce n’est pas une frontière sinon naturelle. Comme entre Ben Ahin et Bas-Oha.
Budapest est un centre évident. Le Danube du nord au sud, Buda à gauche, Pest à droite, tout est parfait. C’est un ventre. On y sent battre quelque chose de l’ordre de l’harmonie. Et du scandale. Cet équilibre.
Tourner à droite, plein sud. Szeged. J’en connais 6 hôtels dont un de passe mais cette ville est pour moi un mystère. Est-ce la Tisza qui somnole à côté ? Est-ce ce sentiment frontalier, à la frontière magyaro-slave ? N’est-ce pas les heures que j’ai eu à y attendre? Attendre. Qu’un visa se libère, qu’un Serbe vous rejoigne, qu’un Magyar s’en mêle, qu’une Croate embraye. Attendre: sentiment pacifiste pouvant porter sur les nerfs. Ce mélange. Attendre est une Vertu.
Szeged, vous l’aurez compris, je ne l’ai pas comprise. Mon âme y a chaviré devant la beauté extrême des peuples confinés. La Tisza ne ressemble à rien que je connaisse de fluvial.

17 juillet 03
Faire la route, refaire sa route, tracer, freiner, prendre à droite, douter d’être sur le bon chemin, dépasser, se reposer, prendre des forces, faire le plein, négocier un virage. Pourquoi le vocabulaire automobile ressemble-t-il autant à celui de la vie, autrement mobile?