Lautresite, le jour, 18 juillet 03



Reprise, 11
On découvre aujourd'hui qu'il y a de plus en plus de proche ou de lointain, de plus en plus de court ou de long, de plus en plus de petit ou de grand. Et qu'en revanche ce qui est moyen, médian ou milieu a désormais le goût du tiède et du dispensable. Autrement dit, on s'aperçoit qu'il existe désormais des voies directes et expresses entre le local et le supranational et que les périphéries sont plus riches dès lors qu'elles contournent que lorsqu'elles entourent. Tout cela est de la faute à Tchernobyl et au sida sans doute : à force de démontrer que les frontières sont perméables aux catastrophes — bien que fermées au malheur — on a vite fini par prouver que Rome n'est plus dans Rome et que les vrais problèmes du Centre se traitent dans ses banlieues.
Cette idée n'est pourtant pas nouvelle. Que le centre s'affaisse et que ses périphéries, pour s'en garantir, s'organisent en réseaux est même un débat déjà daté. Notre rôle en créant Villages Roumains en 1988 — anticipant d'un an sur la chute du Mur et cette antériorité est tout— a été de rendre populaire et accessible cette intuition.


A suivre...