Lautresite, le jour, 18 juillet 03



Correspondances, 19, Nicolas à Paul

Vendredi 19 avril 1996, Bruxelles. "Civis pacem para bello". Peu de phrases peuvent dans l'histoire de notre bégayante humanité se vanter d'avoir eu influence aussi néfaste.
Ainsi est définie la paix, comme le simple intervalle entre deux guerres. D'ailleurs pas même besoin qu'il s'agisse de véritables guerres, avec déclaration en bonne et due forme, armées de fantassins alignées sur un champ de bataille avant d'aller en découdre. Il peut suffire de quelques attentats, obus, roquettes ou missiles de temps à autre. Et l'on voit la "colombe" Pérès, se transformer en chef de guerre implacable, tuant ce jour une petite centaine de civils en dommage collatéral - sobres mots pour désigner le carnage d'innocents.
Mais tous le savent, il faut d'abord faire la guerre pour pouvoir conclure la paix.
Moi je dis non.
Il faut commencer par faire la paix, ce qui pourra permettre de conclure la guerre. Car la paix, ce n'est pas seulement cette période de non-guerre, cet état fragile et transitoire dans lequel les voisins se tolèrent parce que le seuil qui permet de faire la guerre n'est pas encore franchi. La paix se prépare, la paix se construit, et la paix se gagne, contrairement à la guerre, qui en elle-même est déjà une défaite.
Mais comment mieux construire la paix que, comme le vieil adage nous l'enjoint, en préparant la guerre? On semble ne pas savoir. Et la question ne se pose pas que dans des zones de tensions internationales. Ainsi par exemple en France, le prochain défilé militaire du 14 juillet aura pour thème le rôle de l'armée dans la sécurité intérieure. Même les projets de paix sociale, dans son propre pays, passent par la préparation à la guerre, dans les banlieues, dans les périphéries du territoire et qui sait encore où.