Beaucoup de choses se passent en effet
entre les uns qui gagent, les autres qui s'engagent. De qui, finalement,
l'histoire aura-t-elle raison ? Je ne veux croire ni à l'abolition
des rêves ni à la trahison des clercs. Vivre ainsi, hésitante
posture à la Cervantès. N'être jamais été
qu'à moitié d'accord avec les indignés. Il n'est
pas nécessaire d'être coupable pour agir, on ne le sait
plus assez aujourd'hui. Se dire que l'indignation, finalement, c'est
comme l'information. Qui ne la transforme pas se rend décidément
inutile.
La douzième étoile serait-elle celle du shérif
?
Verbatim, 7
Quel temps fait-il ? N'importe lequel, mais vite !
Histoire, 6
17 juillet 1995. Osijek —dans Ouest-France, on écrit Osijiek—
a essuyé douze roquettes la nuit dernière. Les locaux
de l'Ambassade de la démocratie locale que nous avons installée
dans cette ville en 1993 sont situés à deux pas de la
Drava, face aux lignes serbes, de l'autre côté de l'eau.
On prend son café court sur une terrasse ensoleillée et
les gens vous y saluent. François Frederich et Damir Juric sont
aujourd'hui en poste à Osijek, après que Patrick Quinet
l'a bâtie et construite. Depuis trois ans, les nuits y sont plutôt
calmes. Seuls certains vendredis soirs imbibés pétaradent
de quelques rafales de miliciens du bord opposé. Ils ne visent
rien d'autre que la peur. Mais même en tirant en l'air, ils l'atteignent
chaque fois. Cette fois, c'est plus sérieux.