Lautresite, le jour, 15 juillet 03



C'est pourquoi je voudrais vous dire que cette première rencontre nationale des communes françaises adhérant à l'OVR doit être l'occasion, bien sûr de tirer un bilan de ce qui a été produit et d'en tirer des enseignements. Mais cette rencontre se devra aussi d'être prospective. Nous avons, de Bruxelles, le curieux sentiment que cette Opération Villages Roumains n'est, finalement, que la première étape d'un travail beaucoup plus ambitieux dans lequel communes et citoyens trouveront naturellement leur place. Nous avons aussi le sentiment que cette Opération Villages Roumains est appelée à se reproduire, sous d'autres formes, pour d'autres régions d'Europe en danger. Autrement dit, nous nous devons de persévérer dans notre travail en Roumanie mais nous ne devons pas devenir non plus les monomaniaques de ce pays. L'enjeu qui nous occupe contient et dépasse les limites roumaines.
Il les contient parce que la Roumanie présente trois des enjeux fondamentaux dont l'Europe doit se préoccuper:
1. L'ethnicité et la question des nationalismes
2. Le passage à une économie non planifiée et sa nécessaire liaison avec l'instauration de la démocratie
3. Les flux migratoires et leur contrôle
Il les dépasse parce que juste à côté, précisément, dans cette ex-Yougoslavie, nous avons affaire aux ethnicités déchaînées, aux résistances meurtrières des gens de l'ancien régime, à la guerre et au crime qui poussent des milliers de personnes à l'exil et au déracinement.
Nous avons donc, vous et nous, un certain nombre de fers au feu. Vous avez démontré depuis près de quatre ans que vous possédiez deux choses essentielles : des idées et de la suite dans les idées. Car citoyen, c'est un métier. Ce n'est pas le plus vieux métier du monde. Il a fallu pour que cette citoyenneté devienne opérante passer aussi par les guerres, les déchirements, les haines.