C'est pourquoi je voudrais vous dire
que cette première rencontre nationale des communes françaises
adhérant à l'OVR doit être l'occasion, bien sûr
de tirer un bilan de ce qui a été produit et d'en tirer
des enseignements. Mais cette rencontre se devra aussi d'être
prospective. Nous avons, de Bruxelles, le curieux sentiment que cette
Opération Villages Roumains n'est, finalement, que la première
étape d'un travail beaucoup plus ambitieux dans lequel communes
et citoyens trouveront naturellement leur place. Nous avons aussi le
sentiment que cette Opération Villages Roumains est appelée
à se reproduire, sous d'autres formes, pour d'autres régions
d'Europe en danger. Autrement dit, nous nous devons de persévérer
dans notre travail en Roumanie mais nous ne devons pas devenir non plus
les monomaniaques de ce pays. L'enjeu qui nous occupe contient et dépasse
les limites roumaines.
Il les contient parce que la Roumanie présente trois des enjeux
fondamentaux dont l'Europe doit se préoccuper:
1. L'ethnicité et la question des nationalismes
2. Le passage à une économie non planifiée et sa
nécessaire liaison avec l'instauration de la démocratie
3. Les flux migratoires et leur contrôle
Il les dépasse parce que juste à côté, précisément,
dans cette ex-Yougoslavie, nous avons affaire aux ethnicités
déchaînées, aux résistances meurtrières
des gens de l'ancien régime, à la guerre et au crime qui
poussent des milliers de personnes à l'exil et au déracinement.
Nous avons donc, vous et nous, un certain nombre de fers au feu. Vous
avez démontré depuis près de quatre ans que vous
possédiez deux choses essentielles : des idées et de la
suite dans les idées. Car citoyen, c'est un métier. Ce
n'est pas le plus vieux métier du monde. Il a fallu pour que
cette citoyenneté devienne opérante passer aussi par les
guerres, les déchirements, les haines.