Une nouvelle loi croate frappe d'interdiction
de publication et de fortes amendes les médias qui attentent
à la dignité et la sûreté de l'Etat. À
ce ttitre, Feral Tribune est condamné à mort. Dans les
circonstances actuelles, ceci peut être considéré
comme une excellente nouvelle. Il y a, en effet, beaucoup à attendre
des révélations d'outre-tombe de Feral Tribune.
Dans cette veine satiriste, je ne peux que me réjouir du "Vive
les droits de l'homme d'affaires" du Canard Enchaîné
en ces temps où la France accueille Li Peng. Ne doutons pas que
les associations aient sortis leurs banderoles, battu le pavé,
scandé leur désapprobation. Qui a dit qu'un Airbus jamais
n'abolira la République ?
Histoires, 5.
Ce jour à Sarajevo —il y avait de l'électricité
et de l'eau— où sur l'écran de la télévision
et en direct, l'on commémorait Auschwitz. Le couloir de l'hôtel
donnait sur le ciel, Arthur Haulot était mon voisin et Marek
Edelman faisait les cent pas dans le hall.
Fable, 5.
Tel écrivain mort aujourd'hui voulait écrire des romans
qui écrivent le monde. Mais, comme il n'y avait qu'une seule
personne sur cette terre qu'il connaisse à peu près bien,
il décida de parler beaucoup de lui-même. Pour tel écrivain
mort aujourd'hui, le monde et lui ne faisaient qu'un. Il pensait que
le premier à disparaître laisserait l'autre dans l'embarras.
Il a eu un peu tort et beaucoup raison. C'était un écrivain
dont la critique disait qu'il était fou.
A suivre...