Ce serait là nos limites. Si cela est
exact — nous sommes quelques-uns à l'imaginer —,
il se pourrait alors que nous n'ayons pas pris la juste mesure des changements
à l'Est et que, sur une révolution, nous ayons plaqué
notre administration. Si cela aussi est exact, cela signifierait une
autre chose : que nous n'aurons pas plus d'espoir de reconstruire l'ex-Yougoslavie.
Le traumatisme, en quelque sorte, ne serait pas assez grand. Cinquante
ans de paix nous auraient à ce point amollis que nous serions
incapables aujourd'hui de lire l'histoire. Pire, de la faire.
Alors, vois-tu, la Bosnie serait bien cette île où tu es
allé hier, avec son bois pour se chauffer, son eau pour boire
et ses yeux pour pleurer.
Viatique, 3
Mon grand-oncle Jules, ma grand-tante Emilie, ma tante Jeanine, ma marraine
Elisa, ma cousine Françoise, ma cousine Marianne, mon cousin
Claude, mon cousin Philippe, mon cousin René, ma cousine Francine,
mon petit-cousin Jean-François, ma petite cousine Delphine, ma
petite cousine Anita, mon petit-cousin Jean-Marc, ma sœur Agnès,
mon frère Luc, ma belle-sœur Anne Thérèse,
ma nièce Sophie, ma filleule Julie, mon neveu Bertrand, ma nièce
Marion, mon neveu Cyrille, mon neveu François, mon père
Jean, Anne, ma fille Marie, ma fille Louise. Pierrot, Clémentine,
Lydie, Jean, Marcel, Cyrille, Denise, Marianne, Isidore, Alphonse, Ernest,
ma mère Célina, in memoriam, qui êtes tombés
de l'arbre.