| Guy Verhofstadt
I |
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Les élections du 13 juin ont
profondément bouleversé les rapports politiques. Les citoyens
ont envoyé des signaux divergents et ont créé à
première vue un paysage politique fragmenté. Les mouvements
électoraux révèlent un courant de fond, une volonté
plus forte de rompre avec la manière dont ce pays est dirigé
et surtout le souhait insistant d’une administration meilleure et
différente. (...) La protestation massive de centaines de milliers
de citoyens en automne 1996 en fut l’expression la plus visible.
Afin de répondre à cet appel au changement qui s’est
exprimé également le 13 juin, le VLD, le PS, le PRL, le
SP, ECOLO et AGALEV ont élaboré un projet ambitieux et cohérent,
un projet qui vise à rompre avec le passé tant au niveau
de la forme que du contenu (...). Il s’agit d’un projet novateur
dont le but est de rétablir la confiance des citoyens dans les
autorités, d’ouvrir un espace aux forces créatives
de la société, de donner à chacun les mêmes
chances d’épanouissement et de bonheur, de garantir la protection
sociale de tous les citoyens et de construire une relation durable entre
l’homme et son environnement. Ce projet peut rétablir l’image
de la Belgique dans le monde. (...) La priorité majeure du gouvernement
sera d’opérer une réforme profonde des administrations
publiques. (...) L’objectif est un service de qualité qui
puisse tenir la comparaison avec les meilleures entreprises privées
ou administrations publiques à l’étranger. (...) Les
citoyens doivent être au centre du processus décisionnel.
Pour renforcer leur emprise sur la politique, le gouvernement invite le
parlement à installer en son sein une commission spéciale.
Cette commission débattra d’une modernisation profonde du
système électoral. (...) La justice est la troisième
priorité des nouvelles autorités envisagée par le
gouvernement. Pour répondre aux problèmes de la police et
la justice, l’année dernière, les accords Octopus
ont été conclus. Leur concrétisation rapide et complète
est un objectif majeur du gouvernement. (...) Avant la fin de l’année,
nous établirons un plan de sécurité s’inspirant
du concept de la gestion intégrée de la sécurité.
Ce plan sera constitué d’un volet préventif, d’un
volet répressif et de l’accompagnement des victimes et du
suivi des auteurs. (...) Le gouvernement établira un plan d’action
en vue de résorber l’arriéré judiciaire. Ceci
est indispensable si l’on veut rétablir la confiance du citoyen
dans la justice et l’état de droit. (...) . |
La procédure d’acquisition
de la nationalité belge sera radicalement simplifiée. Elle
contiendra l’engagement du demandeur de respecter la Constitution,
les lois et les droits et libertés fondamentaux. Le ministre de
la Justice demandera aux parquets de s’inscrire dans cette nouvelle
approche et de combattre toute infraction à la législation
de naturalisation par des organisations criminelles. (...) Si nous voulons
créer une société sûre, juste et tolérante,
nous devons également améliorer la situation dans certains
quartiers des villes où le sentiment d’abandon et d’exclusion
se renforce. Une approche globale doit rétablir le caractère
vivable de nos villes. (...) Au XXIe siècle, la réalité
économique et sociale sera totalement différente de ce que
nous avons connu jusqu’à présent. (...) La relation
entre la croissance et l’inflation, qui a été modifiée
de manière durable, indique l’avènement d’une
« nouvelle économie », avec d’autres règles
de jeu que celles que nous avons utilisées jusqu’à
présent (...). Entre-temps une nouvelle opposition s’est
manifestée à savoir le déclin mondial de l’environnement
avec toutes les conséquences pour notre environnement local. Une
croissance soutenue ne se traduit plus par une plus grande qualité
de la vie, opposition que nous voulons dépasser par la croissance
durable. (...) Les gens qui bénéficient de protection sociale
doivent, (...), être réintégrés dans la société
: les jeunes dont la formation est insuffisante, les personnes d’âge
moyen qui se perdent dans la nouvelle société technologique,
les pauvres qui vivent depuis des années en marge de la société.
C’est le défi majeur que devra relever l’État
social actif. Un État social actif ne se contente pas de distribuer
des allocations, mais il investit surtout dans les êtres humains,
dans leur formation, leur travail. (...) La création de premiers
emplois pour les jeunes, la réduction substantielle des charges
sur le travail, l’élimination des pièges à
l’emploi, le relèvement du taux d’activité des
plus de 50 ans, l’intégration sur le marché du travail
des chômeurs de longue durée et des bénéficiaires
du Minimex, la mise à disposition de travailleurs par la constitution
de groupements d’employeurs et l’encouragement des PME sont
les instruments essentiels qui seront utilisés. Le gouvernement
renforcera les incitants financiers en faveur d’une réduction
du temps de travail et de la semaine de quatre jours en restant dans les
limites de la capacité concurrentielle des entreprises sans aggraver
les coûts salariaux et en préservant le revenu des travailleurs.
(...) |
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